Chronomaster Aviator Sea Diver : la résurrection du chrono mythique de Nivada

Depuis quelques temps, un compte Instagram interagit avec les fans de la marque pour préciser les contours d’un futur chronographe dont les traits sont, pourtant, bien connus de nombreux collectionneurs… et des lecteurs de ce site : la Nivada Chronomaster Aviator Sea Diver.

On doit cette résurrection à deux Français : Guillaume Laidet, fondateur de sa propre marque de montres, William L. 1985, et Rémi Chabrat, patron du groupe Montrichard, spécialisé dans la conception-réalisation de montres pour le compte de tiers jusqu’à proposer des formules clé-en-main. Nous sommes en 2018 et les deux hommes jettent alors les bases de ce projet, convaincus que le patrimoine de Nivada Grenchen mérite de revivre. La vogue de l’horlogerie vintage est à son zénith et Guillaume, en relation avec le groupe mexicain propriétaire de la marque, tombée en déshérence à la fin des années 1970, obtient de l’exploiter sous licence.

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Nivada Grenchen : histoire de la marque

Les ambitions sont grandes puisque l’objectif est de ressusciter tout l’éventail des modèles phares… en commençant par les deux grands classiques : la trois-aiguilles Antarctic et le chronographe Chronomaster Aviator Sea Diver (CASD), que les lecteurs de Chronographes.net connaissent bien. C’est d’ailleurs sur ce dernier que nous allons nous attarder ici.

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Chronomaster Aviator Sea Diver : introduction

CROTON NIVADA GRENCHEN Chronograph Aviator Sea Diver, cal. Venus 210, circa 1961-1963.
Quatre versions

Quatre versions sont présentées. Les deux premiers modèles sont de type « broad arrow », c’est-à-dire qu’ils sont inspirés des premières générations de CASD, qui étaient motorisées à l’époque par un calibre Venus 210 puis par un Valjoux 92. Nivada propose, sous cette forme, le traditionnel cadran All Black et une version Panda.

Les deux autres variantes reprennent les codes stylistiques des versions animées à l’origine par un calibre Valjoux 23 et marquées notamment par le passage à des aiguilles droites. Le choix s’est plus précisément porté sur deux modèles emblématiques : la Lollipop, caractérisée par une grande seconde dotée d’un point lumineux, et l’Orange Boy reconnaissable aux couleurs spécifiques de ses compteurs et de la grande seconde.

A ce stade, il faut déjà reconnaître deux choses. D’abord, Nivada a le mérite de ne pas s’être contenté de ressortir la plus connue, à savoir la All Black, puisque la marque compte offrir, d’emblée, quatre versions au choix. Ensuite, la sélection des références a été judicieux. Chacune, dans son genre, est un modèle emblématique promis au succès et tous se complètent bien.

Par ailleurs, du moins en s’appuyant sur le rendu de face, il semble que les concepteurs aient accordé une grande attention à la fidélité des cadrans et des combinaisons d’aiguilles. Même la teinte de la matière lumineuse est calée sur les modèles d’origine : un peu ambrée pour la All Black, coquille d’oeuf pour les Panda et Orange Boy, verdâtre pour la Lollipop. Restera à savoir si, montre en main, la perception visuelle sera à la hauteur des espoirs soulevés par ces images de PAO. Le grain du cadran, la texture du Luminova, les compteurs en récessions… tout compte !

Des dimensions proches du modèle original

Puisque l’on se penche sur les détails, voyons les dimensions et notons que du chemin a été fait depuis les premiers rendus, qui étaient encore loin du compte (ci-dessous). Les avis d’experts et de collectionneurs semblent avoir été entendus.

Ainsi, si les derniers clichés 3D s’avèrent proches de l’apparence des modèles d’origine, les dimensions annoncées le confirment : le diamètre gagne 1 mm et la longueur de corne à corne en gagne deux sans que les proportions parfaites du CASD s’en trouvent bouleversées.

C’est l’épaisseur qui connaît, en revanche, la plus importante inflation (+ 2,3 mm avec le mouvement manuel et + 4 mm avec le mouvement automatique) par rapport au premier modèle (cal. Venus 210), qui était le plus plat de tous. La réédition pourrait, de ce fait, donner une impression au poignet plus proche des dernières générations qui, équipées des volumineux Valjoux 77XX, s’avèrent plus ventrues… C’est aussi pour cela qu’une version à remontage manuel a été proposée : sacrifiant le confort de l’automatique, elle privilégie la fidélité au modèle d’origine et à ses proportions.

LHC : 39 mm. LCC : nd. LHC : 46,5 mm. EC : 20 mm. EHT : 14,25 mm pour le modèle à mouvement manuel et 16,25 mm pour le modèle à mouvement automatique.

Dans le détail toujours, la carrure représentée dans ces rendus 3D reprend ces chanfreins caractéristiques qui affinent les cornes et prennent si bien la lumière. Étrangement, Nivada annonce toutefois des surfaces tantôt brossées, tantôt polies, quand les CASD d’origine étaient intégralement polis. Si cela devait être confirmé, disons que la modernité y gagnerait ce qu’y perdrait la fidélité… Quant au verre, on ne sait encore s’il sera minéral ou plexi. La seconde option aurait les suffrages des nostalgiques mais au prix d’une dégradation de la résistance à l’eau.

Dernier point de pinaillerie : sur les projets rendus publics, le graphisme de la lunette est emprunté aux tout premiers modèles (Venus 210), notamment reconnaissable à la forme du 4 de 40. Personnellement, je ne m’en plaindrai pas dans la mesure où c’est, à mon sens, le plus élégant.

Mouvement suisse inside

Côté mécanique, le fond dévissé pourra dévoiler deux types de mouvements :

  • un mouvement mécanique Sellita à remontage automatique SW510 BH b (27 rubis, 28 800 A/h, 48 heures de réserve de marche),
  • sa version « dégradée » sans module automatique.

Pour ceux qui connaissent mal Sellita, il s’agit d’une manufacture suisse créée en 1950 à La Chaux-de-Fonds et devenue l’un des principaux concurrents d’ETA sur le marché des mouvements mécaniques suisses d’entrée et de milieu de gamme.

NIVADA CASD 2020, design.
Disponible en précommande en juin

Selon Nivada, le guichet des pré-commandes sera ouvert en juin prochain pour une livraison en décembre (sous réserve que le COVID ne vienne pas perturber le calendrier). Côté prix, la marque annonce des tarifs de 1600 € pour le modèle à mouvement manuel, accompagné d’un bracelet Tropic ou en cuir, et 1800 € pour la version à mouvement automatique. Le bracelet acier « grain de riz » nécessitera un supplément d’environ 200 €. Ces tarifs bénéficieront d’une remise de 15% pour les 500 premières pré-commandes de la All Black et les 100 premiers des Panda, Lollipop et Orange Boy, tous numérotés.

Conclusion

La renaissance d’une marque historique et regrettée est toujours, a priori, une bonne nouvelle. Passé l’heureuse surprise, il reste à espérer que l’on fasse bon usage du trésor contenu dans la malle descendue du grenier. Entre réédition à l’identique et réinterprétation moderne, il y a mille et une manières de rendre hommage au patrimoine technique, stylistique et historique d’une marque. Toutes toutes ces manières sont légitimes, l’essentiel étant d’éviter des faux pas tels que changer brutalement de niveau de gamme, choisir des composants inappropriés, oublier que, même en s’inspirant au maximum d’un modèle parfaitement abouti des années 1960, on conçoit à chaque fois une nouvelle montre. Dans tous les cas, chaque dixième de millimètre importe, tout comme la texture des surfaces, le profil du verre, la sensation de la couronne sous les doigts au remontage. La nostalgie et la passion ne suffisent pas !

En l’occurrence, il semble que le destin de Nivada soit entre les mains de professionnels expérimentés, tant sur le plan marketing que sur le plan industriel, ce qui s’avère très encourageant. D’ailleurs, les experts ne s’y trompent pas puisque les auteurs du livre de référence Chronomaster Only ont conclu un partenariat grâce auquel les premières commandes seront assorties d’un exemplaire numéroté de l’ouvrage.

Concentré sur le chronographe, j’ai négligé l’autre modèle lancé sous la marque Nivada : il s’agira de l’Antarctic. Vous en saurez plus en consultant leur site Internet et leur compte Instagram. Viendront ensuite, si le pari est gagné, d’autres modèles emblématiques : Depthmaster, Travelmaster, Datomaster

Pour ma part, dans l’immédiat, je vais continuer à profiter de mes bons vieux CASD vintage mais j’ai hâte de voir les prochains épisodes !

NIVADA Chronomaster Aviator Sea Diver.
Références

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