Waltham Skindiver : la « Baby Blancpain »

Si l’appellation « Baby Panerai » s’est imposée pour qualifier une famille d’adorables montres de plongée des années 1960 inspirées des productions de la prestigieuse Officine italienne, la Waltham Skindiver peut sans conteste revendiquer le surnom de « Baby Blancpain ». Et ce d’autant plus tranquillement qu’elle est un rejeton légitime de la grande maison…

Marque américaine, la Waltham Watch Company établit une filiale en Suisse en 1954, baptisée Waltham International SA Switzerland (qui existe d’ailleurs toujours mais n’a plus rien à voir avec ses origines). Cette implantation fut l’occasion de rapprocher Waltham, producteur historique de montres de poche et autres instruments de précision outre-Atlantique, des industries horlogères suisse et française.

C’est donc à cette époque que Waltham fit appel à la maison Blancpain, précurseur en la matière, pour réaliser des montres de plongée destinées au marché américain. Les fruits de cette collaboration ont été rares mais d’un intérêt certain… à l’image de cette spectaculaire « Fifty Fathoms sauce Yankee » :

9266-z

L’autre déclinaison très directe est issue de la Blancpain Bathyscaphe, réf. MC4. Cette dernière, avec une conception plus simple et 34 mm de diamètre, fait figure d’entrée de gamme par rapport aux Fifty Fathoms. Une recette qui séduira aussi la maison Lip, qui commercialisera un modèle « Lip brevet Blancpain » sur la même base animée par son calibre R23.

IMG - Dimensions V2

LHC : 34 mm. LCC : 36,5 mm. LHT : 41 mm. EC : 19 mm. EHT : nd.

Mais revenons à notre Waltham… Officiellement désignée sous le nom de Skindiver mais souvent appelée Bathyscaphe par assimilation à sa cousine Blancpain, cette montre apparaît dans le catalogue à partir de 1959 :

Type I : directement issue de la création Blancpain

Tout comme la Blancpain, la première version comporte un cadran à index cerclés gavés de radium : huit cercles, trois triangles, le chiffre douze. La parenté entre les deux montres saute aux yeux :

La toute première version, qu’on appellera Type I/A, se caractérise par une lunette identique à la Blancpain, large et plate, graduée de 5 en 5 et ponctuée à 12 heures par un triangle lumineux.

Cette type I/A est dotée d’un boîtier et d’une couronne chromés qu’il est très rare de trouver en parfait état.

Deux types de fond de boîte paraissent avoir cohabité :

  • Sur la première exécution (photo de gauche), on trouve les mentions : STAINLESS STEEL BACK SWISS MADE ANTINAGNETIC WATERPROOF SHOCKPROTECTED.
  • Sur la deuxième exécution (photo de droite), sont simplement inscrits : STAINLESS STEEL BACK WATERRESISTANT ANTIMAGNETIC.

Côté mécanique, Blancpain utilise des mouvements mécaniques à remontage manuel A. Schild signés Rayville pour ses propres modèles, et Waltham pour leurs cousines américaines. Une fois dévissé, le fond révèle ainsi un calibre AS 1187 (10,5 lignes, 15/17 rubis, 18 000 A/h), présent sur de nombreux modèles des années 1950.

Moeris : la plus rare

Moeris est une petite maison horlogère fondée en 1883 à Saint-Imier par Fritz Moeri et Albert Jeanneret. Rachetée en 1970 par Omega, elle s’est illustrée dans les années 1910 pour avoir été précurseur dans la commercialisation de chronographes de poignet et, plus tard, pour avoir, une fois, habillé le poignet de James Bond

À la même époque que Waltham, Moeris établissait également un partenariat avec Blancpain, dont le résultat est un modèle en tout point semblable, et motorisé lui aussi avec un calibre AS 1187.

Ce rarissime et superbe exemplaire était présenté chez S. Song Watches.

La deuxième version, type I/B, adopte une lunette plus étroite, légèrement évasée, mais conservant le même type de graduation. Il existe deux type d’inserts sur cette lunette, reconnaissables facilement à la forme du triangle : long et étroit dans le premier cas, large et plat dans le second.

WALTHAMLe cadran diffère relativement peu mais le logo Waltham apparaît stylisé par une sorte de W rouge et une nouvelle typographie, et le nombre de rubis (17) s’invite également sous le logo. Les aiguilles des heures et minutes évoluent légèrement, la matière lumineuse s’arrêtant un peu plus près de l’extrémité.

Autre différence importante : le boîtier est désormais tout acier. Le fond, dont le profil diffère encore, s’avère également plus bavard : WALTHAM STAINLESS STEEL SWISS MADE 100 %  WATERPROOF INCABLOC ANTIMAGNETIC.

WALTHAM Bathyscaphe, circa 1958.
WALTHAM Bathyscaphe, circa 1958.
Type II

La deuxième version apparaît vers 1964 :

Elle adopte des index cerclés de forme droite ainsi que de fines aiguilles. Le W stylisé symbolisant la marque est désormais peint en rouge, les autres inscriptions adoptant une peinture argentée. Sur certains exemplaires aujourd’hui, la détérioration de la peinture noire du fond de cadran laisse deviner le métal, offrant de superbes nuances allant du vert olive ou kaki.

WALTHAM Bathyscaphe type II, circa 1960.
WALTHAM Bathyscaphe type II, circa 1960.
L’autre « Paul Newman »…

Des petits curieux ont découvert que cette montre avait fréquenté le poignet de l’illustre Paul Newman dans le film Harper, dans lequel il tenait le rôle titre.

Elle n’éclipsera pas pour autant le Rolex Cosmograph mais cette trouvaille confère, bien entendu, un attrait supplémentaire à ce modèle.

Références

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