Squale

Découvrez l’histoire de cette marque…

Au commencement, en 1946, un certain Charles von Büren s’établit à son compte à Neuchâtel pour assembler des montres sous son nom. Amateur de sports nautiques et de plongée dans les eaux froides du lac voisin, Büren s’intéresse naturellement à la naissance et l’essor du marché des montres de plongée « civiles ». La ferveur du public pour ce type de garde-temps l’incite à concevoir, dès les années 1950 et à partir de son expérience personnelle de plongeur, ses propres modèles.

C’est en 1959 qu’elles prennent le nom de Squale et adoptent le logo qu’on leur connaît encore, représentant un requin stylisé bardé du nom de la marque.

Un sous-traitant bien traité

Les grandes marques sont aujourd’hui de plus en plus soucieuses de sécuriser leurs approvisionnements et de bâtir des systèmes « propriétaires » dans lesquels elles peuvent enfermer leurs clients. Mais jadis, l’industrie horlogère suisse était plutôt peu intégrée ; autrement dit, elle était essentiellement constituée de petites manufactures spécialisées qui constituaient autant de sous-traitants des marques. Dans les années 1960, même chez les plus grandes maisons, rares sont étaient les montres qui ne soient issues d’un assemblage. Dans ce contexte, les fournisseurs restent généralement dans l’ombre, bien qu’ils soient parfois les vrais innovateurs et les véritables auteurs des grandes performances horlogères ou des réussites stylistiques (songeons par exemple à Huguenin Frères, concepteur du fameux boîtier à anses lyres devenu le classique d’Omega).

En tant que fabricants de boîtiers, Squale et Erwin Piquerez (EPSA) font exception à ce sort ingrat. Scaphandrier pour l’un, requin pour l’autre : ces deux symboles viennent parfois frapper la face visible du fond de boîte et trouver ainsi un début de reconnaissance, au moins chez les initiés. Fort de son succès, Squale parvient même à afficher sa marque côté pile — on appellerait aujourd’hui cela du co-branding — sur le cadran de modèles commercialisés sous d’autres marques de distributeurs à la notoriété parfois plus relative…

Marques et distributeurs ayant utilisé des boîtiers Squale

Boîtiers Super, Master, Medium et 1000 m : Altanus, Arlon, Arten, Berios, Donax, Eagle Star, Imperios, Jader, Ocean Diver/Blandford, Jean Perret, Potens Prima, Sigel, Sinn, Wertex, Zarvath… (liste loin d’être exhaustive !).
Boîtiers 500 m (couronne déportée à quatre heures) : Airin, Auricoste (Spirotechnique), Dodane, Doxa (Spirotechnique), Blancpain (Bund), Tag Heuer, Doxa, Zeno.

 

Dans les années 1960, Squale devient donc l’un des fournisseurs les plus prisés de boîtiers de montres de plongée, la marque étant elle-même distribuée dans les magasins de matériel professionnel plutôt que dans les circuits d’horlogers-bijoutiers habituels.

Parmi les modèles emblématiques, le boîtier 50 Atmos, avec sa couronne déportée caractéristique, se retrouve sous bien des labels (Auricoste, Spirotechnique, Doxa 600T, Tag-Heuer 1000 m Professional).

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SQUALE SPIROTECHNIQUE 100 ATM

Il équipe même les Blancpain Fifty Fathoms Bund destinées, dans les années 1970, aux nageurs de combat de l’armée allemande. Tous (?) sont équipés d’un mouvement ETA 2873.

Dans le domaine militaire, on peut également citer les unités de plongeurs de combat et la brigade Folgore de l’armée italienne, les commandos de marine de l’Armée française (les fameux « Bérets verts »)… Squale équipe aussi de grands plongeurs tels que Maria Treleani, Jean Tapu, Tony Salvatori et l’équipe nationale cubaine de pêche sous-marine, championne en 1967 et 1968. Les montres Squale bénéficient en outre d’un ambassadeur de renom en la personne du Français Jacques Mayol. Proche de la famille Büren, il porte une Squale lorsqu’il s’empare du record de plongée en apnée, en 1970.

À partir de 1974, Squale commence à commercialiser des modèles sous son seul nom et sort la 101 Atmos, première montre étanche à 1000 mètres sans valve à hélium. Conçue en songeant à pallier les risques de défaillance de ce système de valve dont étaient munies les Doxa et Rolex Sea-Dweller, elle s’appuie sur une technique particulière de fixation du verre. La 101 Atmos, aux performances exceptionnelles, est de nouveau commercialisée depuis 2002. Ce modèle, avec la 50 Atmos et quelques autres, forme aujourd’hui une gamme fidèle à ceux d’il y a quarante ans.

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De 1974 à 1984, les modèles 500 mètres reçoivent la référence Professional 1521. De même, les modèles 1000 mètres prennent les références 2001 (100 Atmos) et 2002 (101 Atmos). La 500 mètres à insert bakélite et aiguilles Mercedes apparaît avec la référence 2006 et la Tiger est lancée en 1984 sous la référence 2007 avec un design original inspiré des Omega Ploprof et leur gros bouton…

Relancée en Italie par la famille Maggi à la fin des années 1980, après quelques années de creux, Squale revit surtout depuis février 2010 avec une approche marquée par un réel souci de qualité et de respect de l’héritage de Charles von Büren : manufacture à Grenchen (Jura suisse), mouvements ETA, conception soignée, respect des codes de la marque et des normes professionnelles.

 

Références

3 commentaires sur « Squale »

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