Chronomaster Only : cinquante nuances de CASD…

Anthony Marquié et Grégoire Rossier : Si Ces noms vous disent quelque-chose, c’est Sans doute parce qu’ils sont les auteurs de deux ouvrages de référence que les fans des chronographes Omega ne peuvent ignorer. Voici qu’ils récidivent en cette fin 2018 avec un troisième opus consacré, cette fois, à la grande famille des Nivada-Croton Chronomaster Aviator Sea Diver. En tant que fan de ces chronographes, je ne pouvais que m’en réjouir… En plus, les auteurs ont accepté de dire quelques mots de l’ouvrage et de leurs futurs projets.

C’était un jour d’août 2015. Je rencontrais le vendeur d’un impeccable chronographe des années 1960 au design parfait qui m’avait fait de l’œil sur le CDA. Le vendeur s’appelait Simon et le chronographe avait un nom interminable : Nivada Grenchen Chronomaster Aviator Sea Diver. Ce jour-là, Simon est devenu un ami et le « CASD » est devenu une passion

NIVADA GRENCHEN Chronomaster Aviator Sea Diver, cal. Valjoux 92, circa 1963.

Ils sont les plus latins de nos collectionneurs français. Pas forcément pour l’exubérance mais plutôt pour le caractère passionné et le raffinement… serait-ce parce qu’Anthony passe à Milan le plus clair de son temps ? En tout cas, à l’évidence, Grégoire Rossier et Anthony Marquié sont tombés dans la marmite, eux aussi… et bien ! Au point de faire le pari fou de recenser et d’indexer tout ce qu’il est possible de savoir sur ces chronographes injustement négligés. On connaît leur méthode — ratissage systématique et méticuleux, constitution de bases de données… — puisqu’ils ont déjà commis deux sommes de référence : Moonwatch Only et Flightmaster Only. Après deux ans de travail dans la même veine, voici donc Chronomaster Only. Gageons que les fans de la marque Omega, qui attendaient un hypothétique Seamaster Only, auront la déception passagère car ils devraient vite retrouver le sourire en se plongeant dans l’univers luxuriant du Chronomaster Aviator Sea Diver (CASD pour les intimes)…

Cinq questions à Anthony Marquié et Grégoire Rossier

Après avoir traité de fond en comble le Speedmaster et le Flightmaster, on vous croyait mariés avec Omega… Pourquoi cette infidélité avec Nivada ?
C’est une bonne question, que beaucoup de personnes nous ont posé depuis que nous parlons du Chronomaster Only. La réponse est en fait assez simple. Nous ne sommes pas mariés à Omega, qui est une marque que nous apprécions plus que tout, avec notamment des modèles absolument mythiques et incomparables, mais notre travail est — et a toujours été — indépendant de la marque. Nous avons toujours démarré nos projets de manière autonome, et c’est après les avoir présentés à Omega que nous avons reçu leur aide — extrêmement précieuse — pour vérifier des informations et approfondir nos recherches. Pour nous, il n’est donc pas si étonnant que ça de travailler sur d’autres thèmes, en gardant bien sûr la même méthodologie de recherche et de présentation pour nos ouvrages. Nous nous sommes réellement passionnés pour cette marque un peu oubliée, Nivada, et ses incroyables chronographes nés au début des années 1960. Très vite, il est devenu évident de leur consacrer un livre.

En savoir plus sur la marque Nivada.

Contrairement à Omega, où les archives sont bien tenues, il ne reste guère d’informations sur la marque Nivada originelle… comment avez-vous surmonté ce handicap ?
Il ne reste en effet quasiment aucune information sur Nivada (ou Croton). Cela a effectivement été la grande difficulté de l’exercice. Nous avons tout de même pu retracer un peu d’histoire grâce à des recherches effectuées dans différents musées ou fondations en Suisse, mais il n’existe malheureusement plus d’archives de la marque. Pour ce qui concerne les modèles, nos travaux sont toujours basés sur de très nombreuses observations et la construction de bases de données les plus fiables possibles, ce qui prend énormément de temps. Mais à la différence des livres Omega, nous n’avons pas pu vérifier nos conclusions grâce à des documents officiels. Cependant, les résultats restent assez précis et fiables.

NIVADA Chronomaster, cal. Valjoux 23.
CROTON NIVADA GRENCHEN Chronograph, cal. Venus 210, au poignet de Brian Kelly dans la série TV Flipper le Dauphin.

Vous avez dénombré plusieurs dizaines de versions de CASD. Pour être honnête, de tous ceux que j’ai pu moi-même croiser, j’ai bien du mal à sortir un préféré. Et vous ?
C’est toujours la question la plus difficile en effet ! Par exemple, nous avons recensé plus de cinquante cadrans, répartis sur quasiment autant de références. Si l’on ajoute le fait que les patines sont souvent très différentes, cela donne un choix particulièrement vaste. J’aurais (ici, c’est Anthony qui parle) peut-être une petite préférence pour le premier modèle vendu aux États-Unis en 1961, dont le cadran est presque toujours tropicalisé. Au-delà de sa rareté, il permet de se replonger dans l’atmosphère du début des années 1960, surtout si on le porte avec un bracelet de type Oyster riveté comme l’acteur Brian Kelly dans la série Flipper le Dauphin… Mais tous les modèles sont intéressants et agréables à porter.

Bon, maintenant que vous nous avez bien alléchés : quand l’ouvrage sera-t-il disponible ? Peut-on l’espérer au pied du sapin ?
Bien sûr, il sera disponible avant la fin du mois de novembre. Nous sommes également très impatients de l’avoir dans notre bibliothèque !

L’ouvrage est en précommande partout, en version française (AmazonDecitre, Fnac) et anglaise (Accartbooks, Amazon).

Je suppose que vous avez déjà d’autres projets… peut-on avoir une idée de la prochaine cible ? …
Effectivement nous travaillons sur d’autres ouvrages. L’année prochaine sera très importante pour la Speedmaster puisque nous fêtons le 50e anniversaire du premier alunissage. Cela vous donne un indice, sachant que d’une part le Moonwatch Only est quasiment épuisé, et d’autre part que nous n’avions couvert que la Moonwatch (et qu’il existe de nombreuses autres Speedmaster)… Il pourrait y avoir également une autre surprise dans un avenir proche, avant de plonger dans l’aventure Seamaster en 2020.

Conclusion

Tout en commençant à fantasmer sur les prochaines éditions sur lesquelles Grégoire et Anthony viennent de livrer quelques indices, je peine surtout à contenir mon impatience de découvrir Chronomaster Only…  impatience mêlée de crainte tout de même car, pour avoir publié quelques articles sur le sujet, j’espère ne pas avoir écrit trop de bêtises !

Références

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