Universal Genève Polerouter : icône sport-chic

C’est sans doute dans le domaine horloger que se trouve le plus bel héritage du designer Gerald Genta et, plus que les Audemars Piguet Royal Oak ou même Patek Philippe Nautilus, c’est l’Universal Genève Polerouter qui reste en mémoire. Si vous ne connaissez pas encore cette montre emblématique des années 1960, vous allez vite comprendre…

Originellement nommée Polarouter, la montre officielle du Scandinavian Airlines System (SAS) est lancée pour coïncider avec le démarrage des vols polaires, le 15 novembre 1954. Ces vols, qui reliaient New York et Los Angeles aux grandes capitales de l’Ancien Monde, coupaient par les pôles et se prévalaient d’inaugurer une nouvelle route vers l’Europe pour la première fois depuis mille ans !

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UNIVERSAL GENÈVE Polerouter : publicité publiée dans la table horaire de la filiale allemande de la compagnie SAS, 1957.

La montre est d’abord animée par le calibre 138 SS, un mouvement automatique à ressort de butée (bumper), type de mécanique en vogue dans les années 1950, que l’on trouve également chez Zenith (cal. 133.8 et 71) ou Juvenia, mais finalement abandonné. Lui succède, dès 1955, le légendaire mouvement de manufacture à micro-rotor (caractéristique technique que l’on retrouve sur l’Hamilton Thin-O-Matic et le fameux calibre 11 de Heuer-Buren), avec les calibres 215 et 218, puis, à partir de 1962, la génération des calibres 68 et 69.

Montre à usage professionnel, la Polerouter est conçue pour résister aux chocs, à l’immersion, à la corrosion, aux changements climatiques et aux champs magnétiques (caractéristique bien entendu essentielle dans l’environnement polaire). Quant aux lignes partageant le cadran en quarts, elles sont pour leur part destinées à faciliter la lecture de l’heure.

Déclinée en plusieurs versions (Date, DeLuxe, Jet, Jet Date, Sub Genève, Sub Genève Date, Railrouter, etc.) elle connaît un grand succès jusqu’en 1968 au moins.

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UNIVERSAL GENÈVE Polerouter : collection présentée sur le site de référence Polerouter.de.
Design

Gerald Genta n’a que vingt-trois ans lorsqu’il est chargé par Universal Genève, en 1954, de créer une montre trois aiguilles haut de gamme.

Gerald Genta
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UNIVERSAL GENÈVE White Shadow. Crédit : Analogshit.

Né à Genève, Gerald Genta y fait ses études de joaillerie et d’orfèvrerie et obtient son diplôme en 1951, avant d’être recruté par la manufacture. Il y collabore quelques années au cours desquelles il crée, outre la Polerouter, les belles Golden Shadow et White Shadow (ci-contre), réputées l’une et l’autre pour leur exceptionnelle finesse, qualité très recherchée à l’époque pour les montres « de ville » et obtenue grâce au gain d’épaisseur acquis par l’utilisation du micro-rotor.

Très vite reconnu, il est également sollicité par nombre de grandes marques qui lui donnent l’occasion, à plusieurs reprises, de marquer l’histoire du design. On lui doit en effet le rhabillage de la Constellation chez Omega (1959), la Golden Ellipse chez Patek Philippe (1968), l’Ingenieur chez IWC (1976) et trois stars incontestées : l’Audemars Piguet Royal Oak (1970), la Patek Philippe Nautilus (1976) et la Pasha de Cartier (1997). Créateur de sa propre marque en 1969, rachetée par Bulgari, il s’éteint en 2011 à l’âge de quatre-vingts ans.

Sa proposition fera date par sa personnalité. Cadran minimaliste, rehaut dont la texture, inédite, capte la lumière d’une incroyable manière, anses torsadées combinant comme jamais jusque là l’élégance et la robustesse (en attendant 1963-1964 et l’avènement des Omega Speedmaster/Seamaster à anses lyre)…

UNIVERSAL GENEVE Polerouter cadran - Img 01

Toutes ces caractéristiques seront souvent copiées et reprises, dans d’autres productions de la manufacture et ailleurs.

Elles assureront aussi le succès commercial de la Polerouter. Le « label » servira ainsi à la construction d’une vraie gamme sur laquelle nous reviendrons plus en détail une prochaine fois. À suivre…

UNIVERSAL GENEVE Polerouter publicité
UNIVERSAL GENÈVE Polerouter : support de promotion auprès des revendeurs, circa 1965.

 

Références

Cet article (et ceux qui suivront dans le cadre de cette saga) est le produit de recherches multiples entamées lors de l’acquisition de ma première Polerouter, en 2014 et poursuivies en vue de cette publication. Nombreuses sont les sources d’information sur ce modèle. En voici quelques unes.

  • Polerouter.de. [En] Référence incontournable sur ce modèle, ce site allemand a pour seul défaut de négliger les versions « Sub ». Cette réserve mise à part, il s’agit d’une des sources d’information les plus complètes sur ce modèle.
  • Copeaurnwatches. [Fr] Une introduction à l’Universal Genève Polerouter complémentaire à celle-ci.
  • Moonphase.fr : « La SAS Polerouter d’Universal Genève ». [Fr] Une autre histoire des origines de la Polerouter sur le blog de l’ami Simon.

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