Citizen Super Jet Auto Dater Para Water SADS 51202-Y

Il est encore rare que les Citizen vintage fassent la une des sites horlogers… On trouve pourtant parmi elles de sacrées pépites, qui n’ont rien à envier à leurs rivales japonaises dont le nom commence par un « S » et qui ont même, par leur personnalité, leur rareté et leur qualité de fabrication, une place de choix à prendre dans le cœur des collectionneurs. Après avoir présenté une plongeuse « 150 m » de la fin des années 1970, la 52-0110, en voici donc une autre, d’un peu plus de dix ans son aînée : la Super Jet Auto Dater Para Water SADS 51202-Y.

À la fin des années 1960, la marque Citizen a déjà largement fait ses preuves dans l’industrie horlogère. En 1959, la firme japonaise produit la première montre étanche au pays du Soleil-Levant, la fameuse Parawater. Destinée aux nageurs plus qu’aux plongeurs professionnels, elle supporte néanmoins l’immersion prolongée, comme le prouvent les tests réalisés alors dans le Pacifique et la mer du Japon. Ce modèle pionnier donne naissance à toute une gamme de montres étanches dont la dénomination demeurera Para Water jusqu’au début des années 1970, quand Citizen préférera se plier à la terminologie standardisée en adoptant l’appellation Water Resistant.

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Datant de 1966, notre SADS 51202-Y porte donc la mention Para Water et revendique, sur le cadran, une étanchéité garantie jusqu’à 150 mètres par plusieurs caractéristiques :

Le boîtier, d’abord, est de type monobloc, ce qui signifie que la carrure et le fond sont d’une pièce et que l’accès à la mécanique passe donc par l’avant, en dévissant la lunette et en retirant le verre. Ce dernier a la particularité d’être minéral — une exception pour l’époque, — biseauté et concave à l’intérieur (dôme interne). Son profil particulier et son épaisseur exceptionnelle font beaucoup pour l’étanchéité de la montre mais contribuent aussi sacrément à sa personnalité !

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La couronne, enfin, maniable et non vissée, commande le remontage manuel, le réglage de l’heure et le changement de date — nous y reviendrons.

IMG - Dimensions V2

LHC : 37 mm. LCC : nd. LHT : 45 mm. EC : 20 mm. EHT : 12 mm.

Le cadran présente, dans la version dont je dispose, un aspect argenté, avec un fin brossage soleillé qui assure un rendu fascinant : bien que sa surface soit rigoureusement plane, elle reçoit par le verre des reflets qui créent des inflexions le faisant paraître incurvé… On ne se lasse pas de le regarder !

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Pour autant, il ne s’embarrasse pas de superflu et se contente d’index métalliques appliqués et d’un guichet de date à trois heures. Au centre, les inscriptions suivantes :

CITIZEN SUPER-JET
AUTO DATER
°
39 J
PARA 150M WATER

L’engin existe également dans une version davantage orientée plongée avec un cadran à fond noir laqué et de larges index trapézoïdaux, cerclés et lumineux. Cette version se trouve elle-même sous deux variantes, la première (ci-dessous à gauche) ayant des index plus étroits.

Au verso, le fond de boîte s’avère assez bavard :

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Deux détails sont à noter. D’abord, le premier chiffre du numéro de série qui, correspondant au dernier chiffre de l’année de production, nous indique que la montre date de 1966. Ensuite, la présence d’un petit « X » cerclé qui semble dire à l’horloger néophyte : « Ne vous acharnez pas à ouvrir le fond ! » car il indique que nous sommes en présence d’un boîtier monobloc.

Cette structure, si elle offre une meilleure garantie d’étanchéité, limite en revanche le loisir d’admirer la mécanique, dont l’accès est de fait plus compliqué… Dommage, car ce modèle est équipé d’un mouvement automatique exceptionnel, signalé par les trois étoiles mentionnées sur le cadran : le calibre 1160C, surnommé « Jet ».

Pour l’atteindre, il faut déclipser la lunette, retirer le verre qu’elle maintient en place et les deux joints, dévisser la couronne et extraire le bloc.

Pièce de 13 lignes, évolution d’un mouvement lancé en 1961 et réalisé avec un grand souci de qualité, il est le deuxième mouvement automatique réalisé par Citizen et présente une particularité technique unique : la masse oscillante n’est pas reliée au mouvement par un pignon central ni même un roulement à billes (comme sur les Eterna), elle prend la forme d’un disque cranté relié à un anneau extérieur par neuf billes de rubis tandis qu’un empierrage supplémentaire assure la liaison entre la partie intérieure du rotor et les platines. Cette solution, audacieuse et coûteuse, explique que le 1160C aligne la bagatelle de… 39 rubis ! Incluant la fonction de date rapide, il oscille à 18 000 A/h et revendique une réserve de marche de 47 heures.

Abandonné en 1967 pour des raisons de coût de production et d’encombrement, le mouvement « Jet » fut remplacé par un calibre automatique plus classique.

Conclusion

Cette Super Jet affiche une qualité de conception et de finition remarquables. L’industrie horlogère japonaise montre ici qu’elle a eu la capacité, sans s’appuyer sur plus de deux siècles de patrimoine, d’acquérir un savoir-faire à la fois haut-de-gamme et affranchi des codes en vigueur dans les vallées suisses (il n’y a qu’à voir le léger désarroi de certains horlogers formés sur des Buren et des ETA quand ils se trouvent face à un mouvement Citizen…).

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Reste, en ce qui me concerne, à rompre la solitude de celle-ci en lui trouvant une copine : sa version à cadran noir ou, peut-être un jour, la fameuse SADS 52801-Y qui fait rêver les initiés !

Références

 

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