Lanco

Découvrez l’histoire de cette marque…

Langendorf Watch Company est une maison horlogère fondée à Langendorf (Suisse) en 1873 par le colonel Johann Viktor Kottmann (1822-1881) et restée sous propriété familiale jusqu’en 1964. La manufacture était localisée dans le village de Langendorf, situé dans le comté de Solothurn, district de Lebern. Elle est d’abord engagée dans la production de chicorée et de tabac à partir des années 1850. Puis elle est reconstruite en 1873 pour passer à la production d’ébauches de mouvements horlogers pour le compte d’autres compagnies.

A sa fondation, la manufacture emploie entre 70 et 80 personnes mais les effectifs sont drastiquement réduits en raison d’une crise profonde en 1880, largement liée à l’absentéisme et l’alcoolisme des employés. Il faudra des mesures sociales et éducatives pour rétablir progressivement la situation.

Au milieu des années 1880, juste avant que la compagnie ne risque la liquidation, le fils de Johann Viktor, Karl Kottmann (1844-1890) prend la direction. Il réussit à attirer des compétences de l’ouest de la Suisse pour remettre l’entreprise en selle, en particulier par l’introduction de méthodes de production plus modernes et rationnelles, mais aussi la conduite, à partir de 1887, d’une stratégie d’intégration verticale qui l’affranchit de nombreux fournisseurs, tout cela en mettant en place des mesures sociales. Le succès est rapide.

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En 1890, à la mort de Karl Kottmann, le directeur technique Lucien Tièche prend le contrôle de l’entreprise et en change le nom pour la baptiser Langendorf Watch Company. A cette époque, toutes les grandes manufactures de la zone de Neuchâtel commandent des pièces et des ébauches chez Langendorf Watch Company, dont les effectifs croissent jusqu’à 1000 en 1890. C’est alors probablement le plus grand producteur horloger mondial. Plusieurs manques sont lancées : Wengia, Soletta en 1897, Grete et Gretchen en 1903.

La direction de la compagnie est reprise par l’héritier Ernst Kottmann (1874-1944), qui restera à sa tête jusqu’en 1942. Entre autres initiatives, il convertit l’appareil de production à l’énergie électrique. À partir de 1915, Langendorf s’attaque au marché américain sous la marque American Swiss Watch Co. Une publicité de 1916 montre l’image d’une usine revendiquant même 1500 employés et produisant 3000 montres par jour. En 1920, la compagnie étend sa production aux réveils et le développement se poursuit : en 1924, une filiale est établie à Lommiswil (Lonville Watch Co.) pour la vente de ses propres montres sur le marché américain sous la marque Valogene et, l’année suivante, c’est à La Chaux-de-Fonds qu’une agence est installée.

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Ernst Kottmann se retirant en 1942 pour raisons de santé, c’est son frère Rodolf qui lui succède. Durant la Seconde Guerre mondiale, Lanco fournit l’armée allemande. En 1964, à la mort accidentelle de Rodolf, Guido Kottmann reprend alors la direction avec un comité de membres de la famille mais le désarroi conduit rapidement (1965), au rachat de Langendorf Watch Company par la Société suisse pour l’industrie horlogère SA (SSIH), qui résulte elle-même de la fusion, en 1930, des maisons Omega et Tissot. La SSIH, profitant de ses succès commerciaux, agrège plus d’une cinquantaine de maisons horlogères.

 

La marque Lanco, pour sa part, est créée à la fin des années 1950 par contraction de « Langendorf Watch Company ». Elle rencontre rapidement le succès avec des modèles de qualité dont les plus célèbres sont la Flying Saucer et la Lanco-Fon (montre manuelle à alarme).

À la même époque, Lanco propose également des montres de plongée, bientôt baptisées Barracuda. Celles-ci adopteront dans un premier temps un boîtier type Fifty Fathoms (Waltham, Lip, Blancpain), puis un boîtier EPSA Super-Compressor à double couronne.

Les principaux atouts de Langendorf Watch Company sont la marque Lanco et ses capacités de production très modernes et sophistiquées. L’acquisition par la SSIH permet d’élargir la gamme de produits et d’investir dans des outils de production permettant d’améliorer encore la productivité, tout en maintenant la qualité.

En 1973, pourtant, des restructurations sont décidées par le groupe : la production est interrompue dans les usines de Langendorf et la marque Lanco est transférée à l’Aetos Watch Company, une autre sous-filiale de SSIH. Le site de production historique est, en 1977, converti en centre commercial. À cette époque, Lanco tente de se relancer en innovant, y compris dans le domaine des montres à affichage numérique. On retient de cette époque plusieurs expérimentations intéressantes, dont notamment la « Club 77 » et « Heure sautante ».

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Mouvement Astrolon.

Après 1973, alors que la société est liquidée et la marque, reprise par Ateos, Lanco utilise principalement des mouvements Valjoux, même si une Lanco dotée du calibre futuriste Tissot Astrolon est également produite dans les années 1970. Ces tentatives ne suffisent pas à sauver la marque, qui est cédée en 1981.

Bien que la SSIH ait été la plus grande compagnie horlogère suisse et le troisième groupe mondial, la compagnie souffre de l’intensification de la concurrence. Elle finit par fusionner avec ASUAG pour former la holding SSIH-ASUAG en 1983, renommée SMH en 1986 et devenue le groupe Swatch en 1988.

Elle est finalement relancée cette même année en Afrique du Sud sous l’égide de S. Bacher & Cie, sous licence du groupe Swatch.

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