Zenith A3630

Si je vous parle de Zenith, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit, spontanément ? Probablement le chronographe El Primero. Peut-être aussi, dans un deuxième temps, une montre automatique « civile » et élégante que portait votre grand-père ou un chronographe Cairelli… Il y a peu de chances, en revanche, qu’apparaisse l’image d’une montre de plongée. Et pourtant, l’A3630 est là pour démontrer que Zenith a aussi produit quelques plongeuses dignes qu’on s’en souvienne.

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Zenith S.58

  • Date
    • Oui : calibre 120 (manuel) ou 71 (automatique à bumper) ou XXX (automatique à rotor classique)
    • Non : calibre XX (manuel) ou 133-8 (automatique à bumper) ou 2522 (automatique à rotor classique)
  • Lunette fixe en acier poli ou tournante avec un insert en résine de bakélite
  • Cadran blanc ou noir

Première série : lunette acier et mouvement mécanique

Calibre 120
. 12 pouces avec seconde centrale
. 18 rubis
. 18 000 A/h
. Antichoc
. Antimagnétique

ZENITH S.58 Cal. 120 - Catalogue Zenith
Extrait du catalogue Zenith.

Deuxième série : lunette acier et mouvement automatique

Les derniers modèles, dotés de calibres à rotor classique, se distinguent aisément par leur cadran bombé, rendu nécessaire par la place requise par le mouvement. L’intérêt du système de rotor à ressort de butée (bumper) était, à l’inverse, de réduire les dimensions du mouvement du fait que, le rotor ne tournant pas à 360 degrés, libère de la place pour y loger d’autres éléments de mécanisme.

Zenith S.58 : conjectures sur un exemplaire atypique

Le jour où elle est arrivée, j’ai eu le sentiment de tenir dans ma main l’une des plus belles montres qu’il m’ait été donné de rencontrer et, assurément, l’une des plus belles montres de plongée. Revue de l’exemplaire atypique d’une montre mythique.

Zenith S.58 : un modèle oublié qui, pourtant, mérite une place de choix dans l’histoire de la manufacture à l’étoile et la chronologie des montres de plongée. Oublié, ce modèle garde, aujourd’hui encore, une part de mystère. Sur son nom d’abord : que signifie cette appellation “S.58″ qui orne le cadran et s’impose, seule, sur le fond du boîtier ? Certains ont évoqué une référence aux hélicoptères Sikorsky S-58 : la montre aurait été destinée à leurs pilotes. Hypothèse écartée du seul fait que la S.58 n’est clairement pas une montre de pilote mais bien une authentique montre de plongée. La maison Zenith leva d’ailleurs elle-même le mystère en révélant que le “S” signifiait “Super-Waterproof” et que le nombre 58 évoquait simplement l’année de son lancement. D’autres restent pour autant persuadés que l’évocation de 1958 renvoie à l’Année géophysique internationale.

L’Année géophysique internationale (AGI) désigne un ensemble de recherches, coordonnées à l’échelle mondiale, menées entre juillet 1957 et décembre 1958, lors d’une période d’activité solaire maximum, en vue d’une meilleure connaissance des propriétés physiques de la Terre et des interactions entre le Soleil et notre planète. L’événement avait suscité assez de retentissement et de fascination au-delà de la communauté scientifique pour être utilisé à des fins de marketing.

Manfred Rössler, auteur d’un ouvrage de référence sur Zenith, affirme que Cairelli, le célèbre importateur romain, aurait fait l’acquisition de la totalité des 2500 exemplaires de la première série pour équiper la marine italienne.

Plusieurs versions se succèdent, de 1958 au milieu des années 1960. La première série est équipée d’un mouvement mécanique (calibre 120, produit de 1953 à 1962), avant d’adopter un mouvement automatique : d’abord le calibre à bumper 133.8 ou son évolution cal. 71 (21600 a/h, produit à seulement 6000 exemplaires de 1954 à 1957), puis un mouvement automatique plus conventionnel mais à haute fréquence, spécialité de Zenith (calibres 2522, 2532 ou 2542 PC, qui fut produit de 1964 à 1969).

La première série, à mouvement mécanique (cal. 120), est équipée d’une large lunette fixe en acier. Sur le cadran, qui peut être crème ou noir, les index rapportés sont courts et larges. La génération suivante se voit dotée d’une lunette tournante à friction avec un insert en résine de bakélite sur lequel le triangle renversé à 12 heures apparaît étroit ou large selon les modèles.

Le modèle présenté ci-dessus, caractérisé par des index étroits et longs, est animé du calibre 71.

Ne trouvant pas d’autre exemple de ce modèle avec un tel cadran, je me suis tourné vers la maison Zenith et son département patrimoine, auprès de qui j’ai passé commande d’un extrait d’archives (120 francs suisses). Quelques semaines plus tard, il m’a été très aimablement répondu, avec un extrait du registre et quelques autres scans, que nous avions effectivement affaire à un oiseau particulier.

L’extrait du registre d’usine mentionne bien un calibre 71 correspondant à ce numéro, sans toutefois d’indication de « sortie en montre » (celle-ci ayant été effacée). Par ailleurs, ce cadran atypique est bien authentifié comme provenant de la manufacture, qui dispose encore en stock d’exemplaires du même type exactement. Mes interlocuteurs penchent pour une refabrication ancienne de cadrans, suite à une rupture de stock, à partir de cadrans d’un autre modèle — d’où la forme des index — afin de satisfaire des besoins de réparation ou des commandes spéciales. En l’occurrence, mon exemplaire pourrait avoir été assemblé à l’époque pour répondre à une commande particulière, en allant chercher un calibre non affecté et ce cadran hybride.

Loin de dévaluer la montre, cette histoire encore floue enrichit à mon sens son pedigree en l’entourant d’une aura de mystère… Pourquoi ne pas se prendre à rêver que cette S.58 ait été réalisée pour honorer le caprice d’une personnalité ?

Pas seule au monde…

Un modèle présentant exactement les mêmes caractéristiques a été vendu en 2016 par Matthew Bain aux États-Unis.