Eberhard Scafograf 100 (ref. 11535)

Lancée en 1959, la Scafograf 100 est la première montre Eberhard de plongée à proprement parler. En revanche, la société ne dispose pas, à l’époque, des moyens d’assurer un lancement et une promotion à grande échelle de ce modèle, que sa rareté et sa personnalité ont rendu tout simplement icônique.


Sous la référence 11535, la Scafograf 100 est une montre en acier de 36 mm de diamètre, sans lunette tournante, étanche à 100 mètres. Premier modèle de la marque explicitement voué à la plongée, la Scafograf 100 fait l’objet d’un lancement particulièrement prudent — pour ne pas dire expérimental — puisque la série n’aurait compté seulement… 200 exemplaires.

Un boîtier monobloc

Dimensions

LHC : 36 mm.
LCC : nd.
LHT : nd.
LEC : 18 mm.
EHT : nd.

Sobre et monobloc, la carrure comprend de longues cornes chanfreinées.

Ses dimensions, son cadran noir à index lumineux, son allure compacte et sportive conduisent naturellement à la comparer à la Rolex Explorer ref. 1016 — même si la place de cette dernière, selon le story telling de Hans Wilsdorf, était plutôt 8000 mètres au-dessus du niveau de la mer que 100 mètres en dessous. Les deux modèles se situent dans le même univers : celui du sport, de l’exploration, de l’aventure.

Le fond de boîte, vissé à l’aide de six encoches, inaugure le motif composé autour du fameux hippocampe et confirme l’étanchéité à 100 mètres. La face intérieure, également signée, atteste la référence (« 11535-4 » dans l’exemple ci-dessous).

Un splendide cadran gilt… et même deux

Ce modèle s’illustre également, et peut-être avant tout, par un splendide cadran gilt.

Chaque heure y est marquée par un repère lumineux généreusement chargé en radium : un grand triangle pointant vers l’extérieur situe chacun des quatre « points cardinaux », tandis que les heures intermédiaires sont signalées par un gros point. En bordure court une simple graduation des minutes/secondes. Quelques indications permettent enfin de savoir à qui on a affaire : à douze heures, le logo EBERHARD & Co., la mention automatic ; à six heures, l’appellation SCAFOGRAF 100, ainsi que SWISS MADE réparti de part et d’autre du triangle. Particulièrement lisible et conférant à la montre une forte personnalité, ce motif sera conservé sur les modèles suivants, jusqu’en 1964.

Nous évoquions plus haut la production confidentielle de la réf. 11535, ce qui en fait un vrai trésor pour les rares chanceux qui en possèdent un exemplaire… Sachez qu’Eberhard a même réussi à distribuer, sur ce faible effectif, deux variantes du magnifique cadran gilt. Le premier (ci-dessus et ci-dessous à gauche) est classiquement plat. Les inscriptions s’y lisent en doré là où la peinture noire n’a pas été appliquée tandis que la matière lumineuse apparaît en épaisseur à l’intérieur des contours géométriques. Embouti, le second (ci-dessous à droite) fait surgir en épaisseur le rebord des index ; la pâte au radium y est comme « coulée » à l’intérieur. Ces deux versions de cadrans — et même une troisième — se retrouveront également sur les Scafograf 200.

Calibre automatique

L’Eberhard Scafograf 100 adopte un calibre automatique Felsa 1560 (11,5 lignes, 18000 A/h, 43 heures de réserve de marche) auquel certaines modifications ont été apportées.

EBERHARD Scafograf 100, ref. 11535, 1959.

Notons en premier lieu la très belle finition du mouvement et notamment le motif à cercles concentriques appliqué sur la masse oscillante. Spécifique également, et signée du logo Eberhard, la raquette est affublée d’un dispositif de réglage fin breveté sous le nom Incastar (un joli fil de discussion sur FAM  renseignera le lecteur curieux d’en savoir plus).

Ce mouvement se retrouvera dans les Scafograf 200 et d’autres modèles contemporains de la marque Eberhard.

Accessoires

La Scafograf 100 venait à l’époque avec un bracelet en cuir ou bien un bracelet en acier élastique à maillons plats qu’on retrouvera dans les modèles ultérieurs. Celui-ci s’en distingue seulement par une boucle plus courte :

En conclusion…

Eberhard s’est forgé un nom sur son savoir-faire technique. Celui-ci s’est notamment manifesté par de vraies innovations mécaniques et une qualité de conception qui leur a permis de proposer des chronographes exceptionnels. Avec la Scafograf 100, Eberhard aborde un nouveau domaine en plein essor : les activités nautiques et subaquatiques. Et si ce première modèle se situe encore dans l’état transitionnel qui, de la « montre imperméable » à l’ancienne, mène à la montre de plongée moderne, il installe d’emblée, en termes de design, des repères qui s’avèreront assez robustes pour forger une gamme et même une généalogie de garde-temps, jusqu’aux productions contemporaines de la marque, nourries de cet excellent ADN.


Références

2 commentaires sur « Eberhard Scafograf 100 (ref. 11535) »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.