Baltic Bicompax 001

Chouette, une nouvelle marque horlogère française ! Chouette, une marque qui propose des modèles néo-vintage de qualité, au design réussi ! Chouette, j’ai reçu le chronographe Baltic Bicompax 001 pour en parler « montre en main »…

Baltic : une histoire française

L’aventure Baltic commence dans la tête d’Étienne Malec. Animé de l’esprit d’entreprise et fils d’un collectionneur de montres anciennes au goût très sûr, le jeune homme démarre avec quelques atouts et une idée : proposer des montres inspirées des modèles vintage qui le font rêver depuis son enfance, qualitatives et abordables. Vous me direz qu’il n’est pas le premier à se pencher sur la question et que plusieurs marques, historiques ou nouvelles, prestigieuses ou non, surfent sur le succès du « néo-vintage » en revisitant leur passé ou en reproduisant plus ou moins librement les grands classiques. Mais rares sont celles que l’on puisse classer sur le créneau de Baltic, qui reprennent les codes classiques tout en étant réellement capables de proposer du nouveau. On peut ici songer, par exemple, aux Dan Henry 1939 et 1947, mais elles sont moins créatives et à quartz, ou à la Laventure Marine, splendide création suisse dans une gamme de prix cependant sensiblement supérieure. Bref, malgré une efflorescence de start-up horlogères depuis deux ans, Baltic occupe un créneau finalement peu occupé à l’heure actuelle et commercialise donc, déclinés en plusieurs variantes, deux modèles à mouvement mécanique : une trois-aiguilles automatique, la HMS 001, et un chronographe manuel, le Bicompax 001.

J’avais eu la chance, fin 2016, de rencontrer Étienne Malec lors d’un dîner de collectionneurs. Il était venu avec quelques pièces vintage de rêve ainsi qu’avec un prototype du chronographe Bicompax. Il cherchait l’avis des amateurs. La conception était déjà très avancée et les ajustements ne devaient plus porter que sur des détails. Des détails qui lui tenaient à cœur, conscient qu’une fraction de millimètre peut faire une grande différence dans la perception générale d’un objet.

Un an plus tard, après une promotion très efficace et une campagne Kickstarter réussie au-delà des espérances, les premiers exemplaires de série sont enfin livrés. Arrivé par surprise mercredi 15 novembre, dans un petit colis anonyme, le mien est un chronographe Bicompax 001.

Prise en main

La surboîte en carton noir renferme une boîte de conception très classique mais dotée d’un original couvercle plaqué de liège (ou d’un matériau qui en imite fort bien l’aspect). « Vintage inspired watches », annonce-t-il. À l’intérieur, le chronographe apparaît dans la livrée commandée : cadran gris adroise, aiguilles bleuies, inscriptions blanches.

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Dès la prise en main, le design de cette montre confirme sa réussite. D’abord, bien qu’elle soit « vintage inspired », la Bicompax 001 n’est pas pour autant un  vieux « tacot » : avec 38 mm de diamètre (hors couronne), 20 mm d’entre-cornes et une épaisseur contenue, les proportions sont parfaitement harmonieuses et en phase avec une montre contemporaine. Autre bon point : le boîtier monobloc à step case (qui consiste à étager à angle droit le dessus du boîtier), fleure bon les années 1940 et s’avère du meilleur effet. Juste deux points d’interrogation pour chipoter : d’abord, je me demande quel aurait été le résultat si la partie qui entoure le verre, polie, avait été brossée comme le reste du boîtier et si les cornes agrippaient un peu plus le poignet. Pour chipoter, hein.

Et d’ailleurs, puisqu’on en est aux détails, on apprécie également les proportions des deux poussoirs ainsi que la couronne gravée.

Franchissant ensuite du regard un verre que Baltic a eu la bonne idée de choisir en hésalite, on peut également louer le travail effectué sur le cadran. Même esprit au programme : convocation des grands classiques avec une vraie touche de modernité. Les deux compteurs, trotteuse à neuf heures, totalisateur de minutes à trois heures, qui exhument du passé un graphisme on ne peut plus traditionnel (minuterie en chemin de fer et sillons concentriques), s’inscrivent sur fond au contraire très épuré et design.

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Soleillée, la surface présente une infinité de réverbérations qui permettent de porter une infinité de montres en une… l’effet est toujours magique ! Si ces reflets peuvent nuire à la lisibilité dans certaines positions, le cadran n’offre pas moins un spectacle de chaque instant.

Comme pour mieux servir cet effet de matière, le graphisme se veut minimaliste : pas de littérature inutile, les chiffres 12 et 6, de simples points de repère marquant les heures et une minuterie exprimée sous la forme d’un chemin de fer inversé. Comme si la composition du cadran voulait exposer, pour la résoudre, la « querelle » de l’ancien et du moderne.

Quant aux aiguilles, évoquées rapidement, elles traduisent cette même intention, l’ensemble combinant des feuille-de-sauge (aspect bleui sur mon exemplaire, comme à l’époque) pour les heures-minutes et une grande seconde très contemporaine, droite et blanche avec une petite sucette du côté du contrepoids…

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Tout comme la HMS 001, le chronographe existe en six versions :

Avant de quitter des yeux ce beau cadran, retenons juste le mot qui va nous guider vers la suite de la visite : MANUEL. Dans l’esprit d’Étienne Malec, il était bien sûr impensable de retenir un mouvement à quartz. Un calibre automatique aurait également été hors sujet, tant par anachronisme que pour des raisons de coût et d’épaisseur. C’est donc un mouvement manuel qui a été retenu : un Seagull ST19, produit en Chine mais descendant direct du très helvétique Venus 175 — l’honneur est sauf. Et pour ceux qui souhaiteraient l’admirer sans tout démonter, un fond de boîte transparent est disponible en option.

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Du Venus 175 au Seagull ST19

Développé à Moutier, le Venus 175 entre en production en 1940, pour vingt-six ans de « carrière », comme successeur des calibres 150 et 170, À cette époque, la société Venus SA, spécialisée dans la production de mouvements  chronographes, fait déjà partie du groupe Ebauche SA (futur ETA). Un diamètre respectable de 14 lignes (31,5 mm) le destine aux chronographes sportifs en vogue dans les années 1940-1950. On le trouve dans de nombreux modèles Breitling.

Doté d’une roue à colonnes, il fonctionne avec deux poussoirs et oscille à 18 000 A/h, autorisant une précision au 1/5e de seconde. La réserve de marche est de 45 heures.

« Comparé aux calibres chronographes Valjoux ou Landeron le Venus a une remise à zéro caractéristique puisqu’une très légère pression du poussoir inférieur déclenche les marteaux préalablement armés. Les calibres concurrents nécessitent quant à eux une pression plus franche pour armer et relâcher la remise à zéro dans une même opération. », nous dit Suissemontre.com.

Cherchant des financements pour développer un nouveau mouvement, Vénus SA cède, au début des années 1960, les plans du calibre 175, une ligne de production et l’outillage à la société chinoise Tianjin Watch Factory. Fondée en 1955, cette manufecture est alors mandatée pour fournir un chronographe aux pilotes de l’armée de l’Air de la République populaire. Les 1400 mouvements produits en Chine seront ainsi intégralement utilisés pour ce chronographe, aujourd’hui rarissime. Cette cession ne sauve cependant pas la société : absorbée par Valjoux SA en 1966, Venus SA disparaît des écrans radar.

Le calibre 175, après des années d’oubli, renaît cependant au début des années 2000, tant en Chine qu’en Suisse, à l’heure de la résurrection de l’horlogerie mécanique. La société Seagull puise dans son héritage et relance, en 2003, la commercialisation du calibre 175 sous le nom ST19, profitant de l’occasion pour rééditer le fameux chronographe militaire sous le nom de Seagull 1963. Un an plus tard, c’est en Suisse qu’une série est rééditée par Maurice Lacroix sous l’appellation ML36. Ce mouvement est de nouveau proposé par la maison La Joux-Perret à La Chaux-de-Fonds… Sympa, non ?

Source : Suissemontre.com.

Pour ceux que la vue du mouvement indiffère, le fond standard, vissé, brandit au centre le nom de la marque et le numéro de l’exemplaire tandis que le pourtour indique : MANUAL WOUND CHRONOGRAPH ASSEMBLED IN FRANCE et, pour cette première série, THIS BICOMPAX 001 IS AMONG THE FIRST EVER MADE.

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Le bracelet, enfin, est confortable et parfaitement adapté à la montre. Pourvu d’une boucle signée, il donne bien le change, nonobstant le fil utilisé pour les coutures apparentes, un peu fin. Pour chipoter, encore…

Références

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