Aquastar Seatime : l’autre perle des Océans

Déjà évoquée plusieurs fois sur ce blog, la marque Aquastar a livré, à la fin des années 1960, un modèle dont l’audience, restée relativement confidentielle jusqu’à présent, mérite pourtant un brin d’attention : la Seatime.

Héritière d’une courte lignée de montres de plongée inaugurée en 1960 sous la marque Jeanrichard, l’Aquastar réf. 1000, baptisée Seatime, succède à la réf. 1701/1713, dite Aquastar 63 et s’insère dans une gamme qui inclut l’originale Régate et la performante Benthos pour les grandes profondeurs :

aquastar-seatime-7

Dans un boîtier « tonneau » qui fleure bon le tournant des années 1970, date de son lancement, et rappelle très fortement la plus modeste Atoll, elle reprend quelques ingrédients typiques de la marque, à commencer par l’exclusif système breveté de couronne multifonctions qui permet, depuis la « 63 », de commander la rotation d’une lunette interne sans mettre en péril l’étanchéité de l’engin.

Voir aussi : Jeanrichard Aquastar 60 vs Aquastar 63 : duel en eaux profondes

De cette particularité technique naît également une parenté stylistique, la couronne interne imposant une lunette costaud et une grande ouverture de cadran.

AQUASTAR LORENZ

AQUASTAR LORENZ

 

Toutefois, si l’Aquastar 63 suivait les mensurations des skin diver de l’époque, la Seatime prend du volume dans toutes les sens et, sans aller jusqu’au format « tank » de la Benthos, occupe quand même un volume très honorable sur le poignet. Comme à l’accoutumée, je passe sur la version lady, si ce n’est pour simplement mentionner son existence (réf. 1004).

IMG - Dimensions V2

LHC : 39,2 mm. LCC : 42 mm. LHT : 44,8 mm. EC : 19,3 mm. EHT : 13 mm.

Grise sur la « 63 », la lunette est ici d’un superbe bleu-ardoise très foncé qui s’accorde, selon les variantes, avec un cadran de la même couleur ou bien gris acier. Une version à cadran et lunette noirs existe également ainsi que, pour les amateurs de bling-bling, une version tout en or.

AQUASTAR LORENZ

Ce qui frappe visuellement sur cette montre épaisse, et ce qui me charme particulièrement, c’est cette impression de « plonger » sur le cadran comme dans un puits. À la différence de bien des montres de l’époque, dotées ou non d’un système de lunette interne mobile, l’ensemble cadran-lunette n’est pas entièrement sur un plan car c’est la lunette elle-même qui fait office de rehaut. Sur la référence 1007 (voir infra), si le principe est le même, l’effet est moins marqué, sans doute parce que le mouvement, plus épais, amène à surélever le cadran et réduire d’autant la profondeur du rehaut.

L’engin, étanche à 200 mètres, est bien sûr identifiable comme montre de plongée mais n’est pas excessivement typé, et l’est encore moins dans les versions les plus tardives qui, utilisant des index appliqués, limitent la présence de tritium au strict minimum : un petit point par heure et le triangle à douze heures. Sur les premières séries, on trouve successivement des plots lumineux de forme carrée, puis des plots ronds cerclés.

Côté mécanique, la Seatime 1000 tourne avec un calibre AS 1902 (automatique, 17 rubis, 21 600 A/h, 44 heures de réserve de marche).

Enfin, comme en témoigne l’exemplaire qui illustre cet article, la Seatime existe également sous la marque Lorenz (destinée au marché italien) et quelques rares Duward.

Voir aussi : Duward Aquastar Oceanic

 

La référence 1007 et son étonnante fonction jour-date

Déclinaison directe de la Seatime 1000, la réf. 1007 ne diffère qu’en offrant un affichage jour-date, en vogue à partir des années 1970. Si l’utilité de cette fonction reste discutable (faut-il vraiment une montre pour se rappeler quel jour on est ?), elle est assortie, en l’espèce d’une particularité étonnante : le calibre AS 1906 ou 2066 (automatique, 17 rubis, produit par A. Schild entre 1969 et 1978) permet, très facilement, de choisir la langue d’affichage (français ou anglais) !

AQUASTAR

Après avoir tiré la couronne d’un cran, sa rotation dans le sens contra-horaire permet de permuter la langue et sa rotation dans l’autre sens permet de faire défiler les dates…

 

Entre la « 1000 » et la « 1007 », chacun aura sa préférence. Les deux proposent une belle qualité de finition, des mouvements de bonne réputation, un look flatteur.

La marque Aquastar a continué à proposer des montres de plongée valables dans les années 1980, avec de nouvelles versions de la Benthos. Elle a même survécu jusqu’à aujourd’hui, toujours spécialisée dans le nautisme, mais elle a perdu l’esprit originel, dont les Seatime sont, finalement, les derniers représentants.

 

Références
  • Fratello Watches. [En] Une revue très complète de l’Aquastar Seatime réf. 1007.
  • The Watch Spot. [En] Articles étiquetés Aquastar. Le lecteur y trouvera, comme toujours sur ce blog, une véritable mine d’informations.
  • Forum Horlogerie suisse. [Fr] Le récit illustré de la fantastique restauration d’une Aquastar Seatime, avec reconstruction d’une tige de remontoir, brossage-polissage du boîtier, etc.

Un commentaire sur « Aquastar Seatime : l’autre perle des Océans »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s