Roue TPS : nouvelle édition, « revue et augmentée »

Il y a un an, j’avais partagé mon coup de cœur pour le chronographe TPS présenté par la jeune société Roue Watch. Resté en contact avec Alex Iervolino, j’ai été invité à tester un exemple du millésime 2020 de ce modèle. Avec deux nouvelles déclinaisons et quelques améliorations bien ciblées, la TPS confirme ses atouts d’origine.
ROUE WATCH TPS Four, 2020.

Originellement porté sur les chronographes des années 1950 aux cadrans monochromes et classiques, c’est plus tard que —notamment grâce au regretté Noodia — j’ai découvert l’univers des montres sportives des années 1960-1970. Heuer, Enicar et Universal Genève, par exemple, osaient alors faire des choix de design plus audacieux, introduire des couleurs vives, moderniser les typos, inventer de nouvelles astuces graphiques, tout cela en gardant une parfaite maîtrise du design, c’est-à-dire en mariant réussite esthétique et qualité fonctionnelle. Voyez, par exemple, cette Autavia « Orange Boy » de @go_chrono_go présentée par @uptimewatch :

HEUER Autavia « Orange Boy », cal. 12.

Sans chercher à situer la jeune micro-marque contemporaine au même niveau que ces géants historiques de l’industrie horlogère, c’est cette même démarche que je trouvai, dès ses débuts, dans le design des productions de Roue Watch. Ce fut suffisant pour me faire flasher, acquérir une Roue TPS Two la passer en revue sur ce site.

Je ne reviendrai donc pas en détail sur le modèle pour me concentrer sur les évolutions de la version 2020, dont la commercialisation a commencé début novembre.

Deux nouvelles couleurs

Commençons par le plus visible : l’enrichissement de la gamme avec deux nouvelles couleurs en plus des trois variantes originelles, qui sont reconduites.

La TPS Four est la version « panda inversé » qui manquait cruellement à la gamme d’origine. Sur le fond noir intense viennent contraster des écritures blanches et des touches de jaune vif (logo, échelle pulsométrique, grande seconde et compteur de minutes) et de rouge (discrets index), tandis que le fond acier des trois compteurs se détache en retrait.

La TPS Five, plus funky, combine un rehaut bleu et un fond de cadran acier également accordés au jaune vif et aux pointes de rouge. Les compteurs, pour leur part, reprennent l’aspect de la Three.

ROUE WATCH TPS Five, 2020.

La palette ainsi complétée compte cinq versions complémentaires qui, toutes, ont ce côté pop qui compose l’identité de la marque.

Améliorations ciblées

Passant en revue des évolutions apportées à la TPS, il apparaît qu’Alex Iervolino a été attentif à la plupart des remarques formulées par ses clients. Sachant qu’il n’y avait pas grand-chose à changer à ce modèle bien-né, l’inventaire est limité à cinq points :

1 La finition du boîtier. Jugé trop léger, le brossage du plat des cornes et des flancs de boîte acquiert un peu plus consistance. Je dois avouer que, sur ce plan, la différence est presque imperceptible et j’ai d’ailleurs été incapable de la restituer dans mes clichés.

2 Le profil du verre minéral. Certains ont estimé que le verre d’origine nuisait, sous certains angles, à la lisibilité du cadran et, en particulier, des graduations plusométrique et tachymétrique. Il a donc été revu en conséquence et là, pour le coup, le progrès est très net. Ce qui ne m’était pas apparu comme un défaut sur ma TPS Two était en effet bien perfectible. La perception de l’ouverture de cadran et la lisibilité en sont significativement — et positivement affectées.

3 La lisibilité des aiguilles. Combinant un fond de cadran acier et des aiguilles blanches, la TPS Two présentait un léger défaut de lisibilité qui semble désormais corrigé par l’insertion d’une bande contrastée dans la rigole qui court sur la longueur.

ROUE WATCH TPS Five, 2020.

4 Que la luminosité soit. Les versions 2020 bénéficient d’une application de Superluminova plus efficace. Ceux qui aiment voir briller les indices la nuit trouveront en effet une différence par rapport à la version précédente, les zones d’application de la substance ayant été légèrement étendues. J’ai fait de mon mieux pour vous montrer :

ROUE WATCH TPS Two et Four, 2019, 2020.

5 Les bracelets. C’était peut-être le seul significatif point faible que j’avais relevé sur la TPS « saison 1 » : si le disgracieux bracelet en silicone est malheureusement maintenu (et quoiqu’il passe bien mieux en noir qu’en gris pâle), le bracelet « rallye » en cuir prend heureusement du grain et un peu d’épaisseur. De surcroît, aux deux maigres coutures perpendiculaires succède un point longitudinal. Ces modifications lui donnent un faux air de bracelet en corfam qui va comme un gant à la TPS. Si, malgré tout, l’un ou l’autre ne vous plaît pas, le changement est facilité par l’utilisation de pompes à goupilles. Même pour un nostalgique des montres d’il y a cinquante ans, le progrès a du bon !

Mécontent des bracelets d’origine, j’avais monté un bracelet style « rallye » sur ma TPS Two. Celui qui équipe la Four fait bonne figure à côté.

Les bracelets en corfam

C’est la société DuPont de Nemours qui avait imaginé ce cuir synthétique dans les années 1960, à une époque où la démocratisation de la mode entraînait avec la relégation des matières naturelles à l’industrie de luxe. Il s’agissait alors principalement de produire des chaussures.

Peu coûteux et résistants, les bracelets en corfam se sont répandus sur marché horloger. Souvent associés aux chronographes Heuervet Omega, ils sont aujourd’hui chers et relativement difficiles à trouver en bon état dans les tailles courantes. Cependant, Bill Mahoney (alias Squinky) en propose régulièrement et des rééditions convaincantes sont disponibles, notamment chez Band’r Bands.

Conclusion

Les TPS version 2020 ne diffèrent pas radicalement des TPS version 2019. Par petites touches, Roue Watch a simplement apporté des améliorations cosmétiques qui peaufinent un modèle qui, à mon sens, était d’origine fort bien né.

TPS Four, 2020.

Comme la première, cette nouvelle série est limitée : chaque version est produite à mille exemplaires, vendue 310 dollars (environ 260 euros) tous frais compris. Bien qu’en légère augmentation, le prix reste extrêmement contenu au regard de la possibilité de disposer d’un chronographe d’inspiration vintage qui combine une taille plus que respectable, un design plus que convaincant à une excellente finition.

Références
  • Rouewatch.com. Site officiel de la marque.
  • Worn & Wound. [en] Revue détaillée de la nouvelle gamme TPS par Jo Jelley.
  • Crédits photos : @go_chrono_go, propriétaire des incroyables chronographes Heuer Autavia « Orange Boy » (et de bien d’autres) sublimés par @uptimewatch, auteur de la phénoménales série #LazySundayVideo, Roue Watch.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.