Chronographe Vulcain, cal. Landeron 149

On pourrait se dire : tiens, un avatar d’Heuer 404 : diamètre contenu, boîtier enveloppant, cadran sportif avec ce fond noir, ces index élégants, cette échelle tachymétrique… Tout droit issu des années 1960, voici unE Vulcain qui, même sans oreilles pointues, n’aurait pas laissé M. Spock indifférent.

Les amateurs connaissent généralement de Vulcain ses deux modèles phares : la Cricket, lancée en 1947, et la Nautical, fascinant modèle lancé en 1961, réédité quarante ans plus tard. Du poignet du président Truman au sommet du K2, la Cricket positionne la marque sur le créneau des montres à alarme. Pour autant, on trouve également quelques montres militaires, ainsi que des plongeuses et des chronographes plus classiques.

Parmi ceux-là, l’un des plus prisés est ce modèle à deux compteurs, lancé au debut des années 1960.

VULCAIN, chronographe cal. Landeron 149, circa 1960.
Un peu d’histoire

En 1858, Maurice Ditisheim fonde, à La Chaux-de-Fonds, une société éponyme de fabrication de montres de poche qui se forgent une réputation de qualité et de précision. Le succès est au rendez-vous et le petit atelier devient rapidement la Manufacture Ditisheim, dont sortent, en 1894, les premières montres sous la marque Vulcain, qui sera déposée en 1900.

La manufacture prospère pendant les décennies suivantes, sans lustre particulier, jusqu’à la sortie du modèle resté emblématique : la Cricket. Montre à carillon, elle est présentée en 1947 et sert, comme son nom l’indique, à suivre les périodes des matches de ce sport aussi populaire au sein du Commonwealth qu’incompréhensible en dehors… Plusieurs versions de la Cricket se succéderont. Viendra ensuite la Nautical, autre icône de la marque sortie au début des années 1960 et rééditée trente ans plus tard.

En 1961, les sociétés Revue (Revue Thommen), Vulcain, Buser et Phénix fusionnent pour former les Manufactures d’horlogerie suisse réunies SA (MSR). Vulcain disparaît dans les années 1980, priorité étant donnée à l’appellation Revue Thommen, mais l’appareil de production de La Chaux-de-Fonds demeure opérationnel et la marque redémarre dans la décennie suivante au sein du groupe PMH (Production et marketing horologer), qui reprend les droits sur les ruines de MSR. Les ateliers déménagent au Locle, la Mecque de l’horlogerie de précision, ce qui réalise, un siècle plus tard, le rêve de Maurice Ditisheim… La réédition de la Nautical, à l’identique du modèle original, crée l’événement en 2002 et signe le retour de la marque sur un créneau haut-de-gamme qui, autour de la gamme Cricket, s’attache à son héritage.

Revue

L’engin suit le style du tournant des années 1960 avec un boîtier en acier de taille contenue (35 mm hors couronne). Très élégamment dessiné, et entièrement poli, il bénéficie d’une grande ouverture de cadran et de cornes galbées qui rappellent fortement les chronographes pré-Carrera  de chez Heuer (réf. 404 notamment).

LHC : 34,7 mm. LCC : 37,2 mm. LHT : 40,1 mm. EC : 18 mm. EHT : 12,1 mm.

Le cadran mérite aussi sa part d’éloges, dus notamment aux aiguilles dauphines lumineuses et surtout aux index en dents de requin. Aussi lisible que plaisant à l’œil, l’ensemble réussit à concilier l’efficacité et le caractère. Songeons aux Heuer, Omega, Enicar, Universal Genève de la même époque : nous sommes au début de l’âge d’or des chronographes sportifs…

VULCAIN, chronographe cal. Landeron 149, circa 1960.

Usités dans la production horlogère au cours des années 1950-1960, ces index pointus font en outre songer à la première génération des Omega Seamaster 300 et Railmaster mais aussi à d’autres « trois aiguilles » de réputation plus modeste. Je ne suis pas sûr, en revanche, d’en avoir rencontré sur un autre cadran de chronographe.

Côté mécanique, notre Vulcain abrite un calibre Landeron 149. Dérivé de l’antique Landeron 48, ce mouvement à cames de 13,75 lignes (17 rubis, 18 000 A/h) équipe un certain nombre de chronographes des années 1960, et notamment le Rotary Aquaplunge.

Particularité intéressante : le mouvement est protégé des poussières et des champs magnétiques par une cage amovible en fer doux. Cette caractéristique, habituellement réservée aux montres militaires ou aux plongeuses de grands fonds, est très rare sur une montre à usage « récréatif ».

Conclusion

Très rare, cette Vulcain sort aisément du lot des petits chronographes polyvalents des années 1960. L’élégance de son boîtier, le soin porté à sa conception et le charme de son cadran y sont pour beaucoup. Voilà qui invite à découvrir une marque qui, au-delà des classiques Cricket et Nautical, reste encore à l’écart des emballements tout en bénéficiant chez les collectionneurs « qui savent » d’une cote d’affection tout particulière.

VULCAIN, chronographe cal. Landeron 149, circa 1960.
Références

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