Forstner vs. Uncle Seiko : le match des bracelets style Flat-link pour votre Omega vintage

Quasiment coup sur coup, deux fabricants de bracelets acier ont lancé leur reproduction du fameux « flat links » produit originellement par JB Champion pour Omega. Avec la précieuse contribution et les photos Ronan S., qui a les deux modèles en main, nous nous sommes livrés à un petit comparatif.

Relancée en 2019, la marque Forstner, s’est donné pour objectif de faire revivre parmi les plus fameux bracelets de montres de l’histoire moderne. Après avoir réédité le Komfit et Bonklip (voir plus loin, notre Bonus), voici que le célèbre Flat-link conçu par JB Champion pour Omega réapparaît à son tour. Attendu par les fans des grandes Omega vintage — Seamaster 300 et Speedmaster, — il a cependant été précédé, à quelques semaines près, par un autre fabricant de bracelets acier à l’attention des collectionneurs et des nostalgiques, Uncle Seiko. Originellement spécialisé, comme son nom l’indique, dans les bracelets type waffle et divers rubber associés aux montres de plongée Seiko des années 1970, cet autre Américain a élargi son catalogue aux bracelets acier et trouvé opportun de proposer des bracelets aftermarket de qualité pour d’autres marques.

La nouvelle a vite fait le tour et beaucoup d’amateurs se sont déjà précipités ces derniers jours sur ces deux produits. Rien d’étonnant, quand on sait la rareté et surtout le prix auquel se négocient les bracelets d’origine, ainsi que leur relative fragilité, il est en effet tentant d’honorer sa Speedmaster — vintage ou pas — d’une copie suffisamment fidèle et bien construite pour un prix abordable.

Faux jumeaux

Uncle Seiko (US) à gauche, Forstner à droite… À première vue, les prestations semblent très comparables et les deux modèles paraissent bien « faire le job ».

De même longueur, disponibles l’un et l’autre en deux finitions (tout brossé ou bien brossé pour les maillons centraux et poli pour les maillons latéraux), ils sont conçus pour s’adapter à la très grande majorité des modèles Omega Speedmaster à anses droites (avec les pièces de bout de 19 mm) et à anses lyres (avec les bouts de 20 mm). Côté prix, en revanche, la différence est notable puisque, depuis les États-Unis, l’Uncle Seiko s’affiche quasiment moitié moins cher que le Forstner. Où faut-il donc chercher les raisons d’une telle différence ?

UNCLE SEIKOFORSTNER
Longueur min. / max.120 / 180 mm120 / 180 mm
Finitions disponiblesBrossé et poli / Tout brosséBrossé et poli / Tout brossé
Pièces de bout disponibles19 mm et 20 mm19 mm et 20 mm
Prix bracelet complet (hors frais)Depuis États-Unis : 80 $Depuis États-Unis : 150 $
Depuis Royaume-Uni : 133,95 €
Prix pièces de bout seules (hors frais)Depuis États-Unis : 25 $Depuis États-Unis : 50 $
Depuis Royaume-Uni : 43,95 €

Premier point notable : quand on considère les deux bracelets de plus près, la finition du Forstner apparaît, si ce n’est supérieure au plan qualitatif, du moins plus fidèle à celle du bracelet d’origine : l’aspect des surfaces brossées a meilleure allure, la courbure des maillons centraux et l’arrête adoucie des maillons latéraux s’avère plus convaincante que les contours à la serpe du bracelet US.

Vers la boucle

Forstner a également eu la bonne idée d’inclure, autour de la boucle, quelques maillons extensibles, comme sur les bracelets JB Champion d’origine et sur les anciens bracelets rivetés Rolex. Un petit goût vintage et un élément de confort indéniable quand le poignet gonfle (et si on aime se faire tirer les poils). « Plutôt pratique et ça ne fait pas cheap ; à voir dans le temps », observe Ronan.

Sur le Forstner, le charme (pas si) désuet des maillons extensibles…

Elément de confort et de sécurité essentiel, la boucle déployante est un critère de choix qu’il ne faut pas non plus négliger. Selon Ronan, celle du Forstner « tient clairement plus la route que l’US. Elle s’ouvre clairement moins facilement et elle a quasiment autant de résistance que la boucle Omega de 1996 » — avis confirmé par Muntasir J. sur le groupe Facebook #speedytuesday.

Des boucles dessinées dans l’esprit vintage. En qualité, avantage du Forstner.

Si vous avez un poignet de poulet anorexique et qu’il faut extraire quelques maillons pour que le bracelet n’en fasse pas deux fois le tour, vous apprécierez sans doute de pouvoir mener l’opération vous-même, à l’aide d’un petit tournevis, plutôt que de faire appel à un horloger. Seul le Forstner vous le permettra mais « en revanche, prévient Ronan, il vous faudra deux tournevis : un pour tenir la vis d’un côté, l’autre pour visser/dévisser ». Pas si simple, tout de même. Si vous n’êtes pas sûr de vous, veillez à mettre du ruban adhésif sur les parties sensibles du bracelet à proximité pour prévenir les rayures, ou bien faites appel à un professionnel…

Concession à la modernité, le FORSTNER (en bas sur la photo) peut se défaire de quelques maillons à l’aide de tournevis.
Au bout : deux écoles

S’agissant des pièces de bout, inutile de dire que l’intégration entre les cornes se fait pile poil dans les deux cas. En termes de finition, l’aspect est réellement flatteur et sans commune mesure, pour l’un comme pour l’autre, avec toutes les versions aftermarket rencontrées jusqu’ici. Le Forstner se distingue en revanche par des pièces dont l’encoche centrale, davantage marquée que sur l’Uncle Seiko, les rapprochent davantage de la forme des originaux.

Dans tous les cas, l’intégration entre les cornes s’effectue parfaitement.

Autre spécificité notable du Forstner : la pièce est en métal plein comme cela se fait désormais sur les bracelets modernes. C’est un gage indéniable de robustesse par rapport aux pièces laminées et courbées qui séduira certainement les utilisateurs intensifs et propriétaires de Speed récentes. Revers de la médaille, cette pièce alourdit le bracelet et fait donc perdre une petite part du précieux avantage des bracelets d’époque : leur légèreté. J’avoue pencher, à ce titre, en faveur de l’US. En vue d’un remplacement des seules pièces de bout, je recommanderais donc les Uncle Seiko.

A la différence du bracelet Uncle Seiko, le Forstner propose des pièces de bout pleines.
Ressenti général et conclusion

Laissons à Ronan la conclusion de ce comparatif : « Au ressenti général, on perçoit que Forstner a cherché à restituer un vrai aspect vintage au bracelet, ce qui est moins le cas selon moi sur l’Uncle Seiko. En bref, le Forstner l’emporte de loin en terme de fonctionnalités et rapport qualité-prix ! »

Références

Bonus

Un peu d’histoire…

Fondée originellement dans les années 1920 dans le New Jersey par William Forstner, la maison éponyme est spécialisée dans la bijouterie et la fabrication de chaînes et bracelets de montres. En 1939, la société dépose les brevets d’un ingénieux système de bracelet commercialisé sous la marque Komfit. Derrière ce nom, un bracelet devenu légendaire, facile à ajuster à la circonférence du poignet mais aussi aisé à attacher et à détacher.

La réédition du bracelet Komfit reprend le système d’origine.

Forstner dépose également un brevet aux États-Unis pour un autre bracelet en métal, le Bonklip. Ce dernier, d’aspect plus utilitaire et à la finition plus rudimentaire mais robuste et sûr, reprenait en l’améliorant un système déjà en service pour les montres militaires de l’armée britannique, adapté qu’il était à une monte sur des pompes soudées et fermé grâce à un système d’accrochage aux maillons.

De Forstner à JB Champion

Vers 1963, Forstner est racheté par Jacoby-Bender (JB), autre fabricant de bracelets en métal, fournisseur de marques comme Certina Universal Genève et bien d’autres. Un an plus tard, démarre le processus de sélection, par la NASA, d’un chronographe apte à accompagner les astronautes dans leurs missions.

En savoir plus sur Moonphase.fr

Bonklip : de la RAF aux astronautes de la NASA

L’agence spatiale utilise alors déjà des bracelets Komfit, bientôt rebaptisés JB Champion, qui participèrent ainsi à plusieurs missions Gemini et Apollo avant d’être remplacés par des sangles à Velcro. On les trouve ainsi au poignet des astronautes, tant dans leur vie « civile » que par dessus la combinaison spatiale.

Références

4 commentaires sur « Forstner vs. Uncle Seiko : le match des bracelets style Flat-link pour votre Omega vintage »

  1. Merci beaucoup de cet article.

    J´aimerais quand meme vous poser une question, car j´ai lu dans le site uncle seiko que le bracelet est aussi valable pour quelques modeles de seamaster 300 vintage.
    Ma seamaster 300 vintage venait avec un bracelet 1171 et les end link 633. Comme j´ai un poignet de poulet comme vous le decrivez il a toujours été au minimum, et meme dans cette position la fermeture s´ouvre assez facilement.
    J´etais donc en train de vérifier si le bracelet fostner qui peut se raccourcir d´avantage que l´originel omega etait une bonne option valable pour un boitier seamaster 300 modele 166.0324.

    Est ce que vous pouvez nous éclaircir ce point pour les fans de seamaster 300 vintage?

    Merci et bravo pour l´article!

    Aimé par 1 personne

    1. C’est probable mais je ne pourrai vous répondre plus précisément que quand l’exemplaire que j’ai commandé sera arrivé. A priori, la possibilité de retirer trois maillons devrait permettre sans problème d’adapter le bracelet aux poignets les plus fins. 🙂

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