Omega Speedmaster Speedy Tuesday : le retour du retour d’Ultraman…

En lançant une interprétation moderne de la Speedmaster Ultraman pour cette deuxième édition estampillée #SpeedyTuesday, Omega réalise un coup de marketing intéressant.

En 1967-1968, une version du chronographe Speedmaster, réf. 145.012, avec une originale aiguille orange, effectue un passage aussi bref que discret sur le marché horloger. Quelques années plus tard, ce modèle acquiert une renommée très particulière en faisant une apparition dans un épisode de The Return of Ultraman. Cette série télévisée japonaise, créée en 1967, apparaît aujourd’hui comme une sorte de nanard fantastique juste bonne à divertir les nostalgiques des effets spéciaux à l’ancienne. Résolument culte au début des années 1970, elle ouvre alors la voie aux San Ku Kaï, X-Or, Bioman, etc. qui ont égayé la jeunesse des quarante-cinquantenaires d’aujourd’hui avec leurs chorégraphies inimitables et leurs effets spéciaux de catégorie Z.

La Speedmaster Ultraman version originale : longtemps suspecte

Le succès d’Ultraman — maintes fois déclinée et prochainement reprise sur Netflix avec une nouvelle série animée — fera celui de cette « Moonwatch » pas comme les autres, qui s’en fera un surnom. Un succès « sur le tard » et non sans mal, d’ailleurs, car le doute persistera longtemps, chez beaucoup de collectionneurs, sur la réalité de cette version à aiguille orange. Il était en effet facile, avant que la maison Omega ne fasse part de sa position officielle, de suspecter la pose d’une aiguille de remplacement empruntée à un Speedmaster Mark II. Combien de ces rares Speed ont d’ailleurs été dépossédées de l’aiguille orange suspecte au profit de l’aiguille « goutte » blanche politiquement correcte ?

Aujourd’hui, le verdict des archives de Bienne est pourtant clair : les 145.012 dites « Ultraman » sont bien identifiées et se situent dans une étroite fourchette de numéros de série comprise entre 26.076.XXX et 26.079.XXX. Dès lors, combien sont désormais, et seront demain, les 145.012 soudainement dotées d’une aiguille orange parce que la version Ultraman sera devenue plus bankable que la version « de base » ?

Réédition Speedy Tuesday : la grosse artillerie marketing

 

Je vois le mal partout mais c’est bien pourtant ce qui pourrait arriver à quelques chronographes passés sous la main de collectionneurs-marchands modérément scrupuleux, a fortiori au regard du succès foudroyant de la campagne de pré-commande de la réédition lancée presque par surprise le 10 juillet dernier.

Brusquement descendue du cosmos, l’Ultraman 2 arrive sur notre planète comme deuxième série spéciale « Speedy Tuesday » (voir encadré). Information en amont soigneusement réservée à quelques happy few qui ne se sont pas fait prier pour assurer la promotion de l’opération dans la communauté horlogère, annonce d’une production limitée à 2012 exemplaires, précipitation sur la page de souscription… et hop : quelques dizaines de minutes après l’ouverture du guichet, tout ce qui restait possible était de s’inscrire sur la liste d’attente, en espérant que des souscriptions initiales ne seraient pas confirmées… Quel rush !

Speedy Tuesday : quézaco ?

Le concept de Speedy Tuesday est né en 2012 d’une initiative de Fratello Watches, l’un des plus influents médias horlogers. Robert-Jan Broer, son fondateur, raconte qu’il se trouvait à Cannes, un mardi avec une Speedmaster au poignet, et qu’il posta une photo sur Facebook avec pour légende : « It is Speedy Tuesday. » Magie des réseaux sociaux : cette publication anecdotique a donné naissance à une rubrique sur le site, pour devenir enfin un véritable rendez-vous hebdomadaire des passionnés de la Moonwatch, hashtag #speedytuesday… Dans la vraie vie, le Speedy Tuesday sert de prétexte à l’organisation de rencontres entre passionnés et, depuis 2017, à la création d’une série limitée en partenariat avec Omega.

OMEGA Speedmaster « Speedy Tuesday », 2017 et 2018.

L’avenir dira si, sur la durée, toutes ces séries limitées conserveront l’attention des collectionneurs et la plus-value qu’on leur attache. Il y a des précédents chez Omega, la Speedmaster ayant connu de nombreuses versions spéciales, destinées ou non à un marché particulier (outre la première Ultraman, on peut ainsi citer la « Tintin » ou encore la « Racing », sans même parler des éditions commémoratives des missions Apollo). Toutes n’ont pas forcément crevé le plafond… En l’occurrence, la nouvelle Speedmaster Ultraman réunit cependant des ingrédients sympathiques : des caractéristiques distinctives (cadran personnalisé, touches d’orange vif savamment distillées, aiguille trotteuse évoquant la forme de la capsule d’Ultraman), des notes régressives (la boîte hexagonale) et des clins d’œil aux experts (le fond « First Watch on the Moon », le retour de l’insert « DON »). À suivre… en attendant la Speedy Tuesday 2019 ?

Références

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