Un chronographe Breguet Type XX ressuscité pour un projet caritatif

Only Watch est un projet caritatif international. Lancé en 2005 sous le haut patronage du prince Albert II de Monaco, cet événement organisé par l’Association monégasque contre les myopathies reçoit le soutien de Breguet depuis ses débuts. À cette occasion, une montre unique est créée et proposée aux enchères. Cette année, c’est le chronographe Type XX à retour en vol qui a fait l’objet d’une réédition, autour d’un calibre Valjoux 235 restauré. Fidèle aux proportions d’origine et pourvue d’un superbe cadran de couleur bronze, cette pièce exceptionnelle — à découvrir plus en détail ici — sera mise en vente sous le marteau de Christie’s, le samedi 9 novembre 2019 à Genève.

Christie’s joue à Skipper gagne

Le 12 novembre dernier, se tenait une vente de montres rares et importantes organisée à Genève par la maison Christie’s. Parmi les lots, le numéro 118 a attiré l’attention de Jeff Stein et l’équipe du site On The Dash. Il s’agissait d’un rarissime chronographe Heuer Carrera : la première version du type Skipper (réf. 7754), lancée en 1968 pour honorer les vainqueurs de l’America’s Cup 1967. Une montre iconique, de grande valeur, racontée en détail sur OnTheDash.

Estimée entre 25 000 et 45 000 francs suisses (22 000 à 39 000 euros), cet exemplaire était présentée au catalogue par une simple photo de face. Le problème est que d’autres photos de la montre, obtenues sur demande, ont révélé que l’image du catalogue avait été amplement retouchée pour dissimuler les quelques défauts de l’objet : les cornes un peu ébréchées et les taches sur le cadran ont été tout bonnement maquillés, effacés.

Interrogé sur le caractère évidemment trompeur de l’image, Christie’s a plaidé « l’erreur » dans la production du catalogue et promis d’ajouter une mention dans la salle de vente en ligne. Une « erreur » ? L’embarras de Christie’s et cette réponse peu convaincante n’a pas tardé à faire le tour de la communauté.

Pour tout savoir sur cette affaire, rendez-vous donc sur OnTheDash.

En définitive, la montre a été adjugée pour 43 000 francs suisses, soit 53 750 francs suisses frais compris. Ces frais, justement, rémunèrent le travail des maisons de ventes, dont la fonction est d’apporter un service au vendeur — valoriser son bien en le rendant visible en « bonne compagnie » — mais aussi à l’acheteur — lui garantir qu’il enchérit sur un bien de qualité et décrit de manière sincère. Inutile de dire que, entre la réputation sulfureuse d’Anquorum et cette affaire chez Christie’s, la confiance est sacrément écornée et il faudra davantage qu’un peu de Photoshop pour lui rendre son intégrité.

D’ici là, saluons le travail de Jeff Stein et, au-delà, de tous les grands experts et passionnés qui assurent, devant le « temple », une garde vigilante !

Rebelote chez Bonhams

Mise à jour : à peine l’encre virtuelle de cet article a-t-elle eu le temps de sécher que Carlos S. signale sur Chronocentric un arrangement similaire avec la réalité, là encore sur un chronographe Heuer Skipper, et cette fois-ci dans le cadre d’une vente programmée ce mois-ci à Hongkong, chez Bonhams. La montre est ici. et la confrontation avec les vraies photos de la montre est assez édifiante. Peu à peu, on comprend mieux pourquoi les frais sont si élevés : ils servent moins à rémunérer le travail des experts chargés de contrôler les pièces qu’à payer des armées de graphistes pour trafiquer les photos…