Hamilton 6B : embarquement immédiat

Une marque américaine, un mouvement suisse, un modèle affecté à la Royal Air Force… L’Hamilton 6B ne présente pas seulement ce pedigree singulier : sa qualité de construction et sa rareté croissante devraient en faire une cible de choix pour les chasseurs… Prêt pour une revue des troupes ?

La marque Hamilton est fondée à Lancaster (Pennsylvania) en 1892 avec l’intention de produire des montres de qualité. Hamilton se spécialise dans les montres de chemin de fer, dont la précision doit être irréprochable et devient fournisseur des armées dès la Première Guerre mondiale. Durant le second conflit, Hamilton consacre la totalité de sa capacité de production aux besoins militaires : les chronomètres de marine et montres de bord sont utilisés par la Marine américaine et les Forces alliées, et plus d’un million de montres est produit.

Après la guerre, Hamilton est retenu comme fournisseur de l’armée britannique, de 1965 à 1976. Durant cette période, il fournit la W10, montre manuelle à trois aiguilles, un superbe chronographe à deux compteurs (Valjoux 7733) et boîtier asymétrique qui équipe les pilotes de la Royal Air Force (RAF), et la fameuse 6B, souvent baptisée « Mark 11 » car issue du même cahier des charges que ses prestigieuses homologues IWC et Jaeger-LeCoultre. Cette 6B, jusqu’en 1975, est affectée aux équipages.

 

Premier survol…

Avec un diamètre de 37 mm, qu’elle partage avec les autres Mark X et Mark 11, cette Hamilton occupe très dignement le poignet. Le cadran, dont le graphisme est très proche de celui des grand-mères des décennies précédentes, s’avère particulièrement lisible : sur fond noir, les heures sont indiquées en gros chiffres arabes blancs et associés à un point ou une barrette lumineuse positionnés sur un chemin de fer (chapter ring), tandis qu’un triangle remplace le 12. Aiguilles des heures et des minutes sont également lumineuses, la fine trotteuse, légèrement bleutée, jouant un rôle manifestement… secondaire.

Outre la marque Hamilton (parfois absente), le centre du cadran porte à 12 heures le T cerclé signalant la présence de tritium et, à 6 heures, la broad arrow, marque caractéristique des biens du gouvernement britannique depuis le XVIe siècle…

Le fond de boîte porte également ce signe traditionnel. On y trouve également d’autres inscriptions : la référence 6B suivie de celle du modèle, la lettre H suivie dans certains cas de la date de production (H-67) et le numéro d’enregistrement à quatre chiffres.

À propos de la référence 6B

La référence 6B, qui donne son nom à ce modèle, est une référence interne à la Royal Air Force pour désigner les équipements embarqués (flying equipments). Ainsi, les fameuses Mark VII, portées par les pilotes de la RAF pendant la Seconde Guerre mondiale, étaient-elles dotées de la référence 6B/159 tandis que les plus récentes Jaeger-LeCoultre et IWC Mark 11 ont reçu la référence 6B/346.

En l’occurrence, l’Hamilton 6B existe sous deux références distinctes : 6B-9101000 et 6B-9614045. La première  correspondrait à la version à calibre 75 conforme au MoD (1) Specification DEF-3-A du 20 octobre 1959, et la seconde viserait la version à calibre S75S conforme au MoD Specification DEF-3-B dude septembre 1966. La différence tient dans les spécifications du mouvement, qui doivent désormais inclure une fonction stop-seconde, utilisée pour la synchronisation précise des individus en opération.

Soudées, ainsi que le préconise le cahier des charges de l’armée britannique, les pompes offrent un maximum de sécurité et achèvent de convaincre que rien ne va mieux à cette montre qu’un bracelet G10 de chez Phoenix…

Si l’on dévisse le fond, on y trouve, en le retournant, la mention « Hamilton Watch Co, Swiss » et le numéro de série.

 

Les entrailles

Le cœur battant de ce petit bijou est un mouvement manuel accessible après avoir ôté un cache-poussière en fer doux qui, combiné avec l’épais fond de boîte, un cadran métallique et une solide carrure, se trouve parfaitement protégé des champs magnétiques.

Généralement bien conservés grâce aux bons soins des horlogers de l’armée auprès auxquels les garde-temps étaient régulièrement confiés, ces mouvements peuvent avoir été pourvus de pièces de remplacement. Les premiers modèles sont équipés d’un calibre 75, remplacée ensuite par le calibre S75S (et non 8758, comme on le lit parfois), doté du stop-seconde. Ces mouvements sont basés sur une ébauche ETA 2390 très largement remaniée par Hamilton, qui a même modifié la forme des platines et assuré une finition de grande qualité.

 

Au final, voici une très séduisante montre militaire vraiment vintage mais qu’il est encore possible de trouver en excellent état pour un prix raisonnable — en tout cas par rapport à ses cousines « Mark 11 » aux marques plus prestigieuses. Attention toutefois, elles apparaissent de plus en plus rarement sur les plateformes bien connues… Ne laissez pas passer la prochaine !

 

Notes

(1) Ministry of Defense.

 

Références
  • Chronomania. [Fr] Une remarquable rétrospective de la famille étendue des Hamilton « Mark 11 », laquelle recouvre non seulement les « 6B » destinées à la RAF mais également les « G.S. » (pour General Service) au boîtier tropicalisé, affectées aux forces armées stationnées dans le Commonwealth ou à l’armée kenyane.
  • MWR Forum. [En] Recensement des Hamilton 6B des membres du forum par numéro de série.
  • Vintage-hamilton-wristwatches.com. [En] Quelques clichés de référence.
  • Konrad Knirim, British Military Timepieces, p. 697.

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