Illustration de la méthode CQMTSLM sur Tudor Submariner

Tout le monde sait que le monde des Tudor Submariner est un vrai poème, notamment dans les années 1960. La variété des fabricants et les transitions successives d’une série à l’autre ont créé un nombre presque infini de combinaisons de boîtiers et de cadrans, avec des recouvrements fréquents de pièces entre les références 7928 et 7016. En matière de gestion des stocks, le fameux principe FIFO (« first in first out ») cédait à l’époque le pas sur le fameux principe CQMTSLM (« ce qui me tombe sous la main »).

Une 7016 « à la Rose »
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TUDOR Submariner réf. 7016. Crédit : tbwatches.

Contrairement aux apparences, cette montre exposée par tbwatches est bien une Submariner référence 7016 et le numéro de série 62XXXX signe une production en 1968. Si la 7016 fut officiellement lancée avec le nouveau logo de la marque, l’écusson, on trouvait encore à cette période des cadrans de 7928 (dits « à la Rose »), qu’il aurait été dommage de gâcher. Celui-ci étant de surcroît « semi gilt », il se prévaut d’un raffinement supplémentaire. Le boîtier, quant à lui, a des épaulements semi-pointus réservés aussi, normalement, aux 7928. Et pour prouver que cet ensemble n’est pas un assemblage bohème réalisé a posteriori, la bête se présente avec les papiers originaux établissant qu’elle fut remise à un navire américain pendant la guerre du Vietnam !

Une 7928 « à l’écusson »
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TUDOR Submariner réf. 7928 « transition ». Crédit : Fred Chrono.

Si l’on rencontre des 7016 dotées d’attributs de 7928, l’inverse est également vrai. En voici une présentant ces rares caractéristiques : le boîtier indique qu’il s’agit d’une 7928 et son numéro de série 571XXX situe la production en 1967, très tardif pour ce modèle. Un facteur qui contribue à expliquer qu’elle soit dotée d’un cadran à l’écusson et non à la rose.

Cela constitue un vrai casse-tête pour les collectionneurs et les experts mais c’est un fait reconnu : toutes les marques ou presque, lorsqu’elles faisaient évoluer leurs modèles, finissaient souvent leurs stocks de pièces avant de puiser dans les nouvelles séries. Parfois aussi, la pénurie d’une pièce amenait l’horloger à assembler son modèle avec une pièce compatible d’une autre référence. La certification ISO n’existait pas et la montre trouverait preneur de toute façon et ces variantes n’avaient donc pas grande importance à l’époque. Il en est autrement aujourd’hui, pour le meilleur et pour le pire. Casse-tête pour les uns, fascinant terrain d’investigation pour les autres, générateur de plus-value pour certains, handicap pour d’autres, ces modèles hybrides ou de transition nous renvoient à une époque où la frontière entre artisanat et industrie n’était pas si nette que de nos jours. Ils nous montrent aussi, d’une originale manière, qu’il y a une différence entre pureté et authenticité…

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